L’annonce officielle est tombée ce mercredi avec la précision de l’horloge romaine. Répondant à l’invitation des chefs d’État et des autorités ecclésiastiques, le Pape Léon XIV entamera le 13 avril prochain une tournée diplomatique et pastorale qui le conduira successivement en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée Équatoriale. Si le souverain pontife américain a choisi le continent africain pour sa première grande sortie internationale, c’est au Cameroun qu’il passera le plus de temps, avec un séjour dense prévu du 15 au 18 avril.
Un triangle stratégique : Yaoundé, Bamenda, Douala
Le choix des étapes camerounaises n’est pas anodin et dessine une géographie de la réconciliation. En plus de Yaoundé, siège des institutions, et de Douala, poumon économique, le Pape se rendra à Bamenda.
Pour les observateurs de la scène politique, cette escale dans le chef-lieu de la région du Nord-Ouest est le signal fort d’une volonté de médiation. Dans un pays marqué par la crise socio-politique dans les zones anglophones, la présence du successeur de Pierre est perçue comme un plaidoyer en faveur du dialogue national.
Une tournée africaine de haute volée
Avant de fouler le sol camerounais, Léon XIV débutera son périple par l’Algérie (Alger et Annaba), un symbole de dialogue interreligieux. Après le Cameroun, il s’envolera pour l’Angola (18-21 avril), où il visitera notamment le sanctuaire marial de Muxima, avant de clore son voyage en Guinée Équatoriale (21-23 avril) entre Malabo, Mongomo et la ville continentale de Bata.
Les attentes d’un « Pape du Sud »
Élu en mai dernier, Robert Francis Prevost, devenu Léon XIV, suscite une immense attente. Premier Pape originaire du continent américain, sa lecture des enjeux de développement et de justice sociale résonne particulièrement avec les défis actuels du Cameroun.
Le programme détaillé des rencontres, notamment l’éventualité d’un tête-à-tête avec les acteurs de la société civile et les leaders politiques, sera communiqué dans les prochaines semaines par le Saint-Siège. Mais une chose est sûre : en avril prochain, Yaoundé sera la capitale spirituelle du monde.
L’arrivée de Léon XIV s’inscrit dans une tradition historique de liens étroits entre le Vatican et Yaoundé, le Cameroun ayant déjà accueilli un souverain pontife à trois reprises. Jean-Paul II fut le pionnier de cette relation avec deux visites marquantes : une première en août 1985, où il avait parcouru Yaoundé, Douala, Bamenda et Garoua, suivie d’un second passage en septembre 1995 pour signer l’Exhortation apostolique Ecclesia in Africa. Ces voyages avaient alors galvanisé la ferveur des fidèles et renforcé le poids diplomatique de l’Église locale.
Plus récemment, en mars 2009, c’est le Pape Benoît XVI qui avait choisi le Cameroun pour son premier déplacement sur le continent africain. Durant ce séjour mémorable, il avait remis aux évêques de toute l’Afrique l’Instrumentum Laboris du deuxième Synode pour l’Afrique, soulignant le rôle du pays comme « Afrique en miniature ». Avec l’annonce de la venue de Léon XIV, le Cameroun s’apprête ainsi à devenir l’un des pays les plus visités par la papauté au sud du Sahara, confirmant son statut de terre stratégique pour le Saint-Siège.






