Le président de la République, Paul Biya, a reçu le 8 janvier 2026, au Palais de l’Unité à Yaoundé, les vœux du corps diplomatique accrédité au Cameroun. En réponse à cette traditionnelle adresse, le Chef de l’État a livré un discours à forte teneur géopolitique, marqué par une dénonciation des crises internationales, du terrorisme, des atteintes à la souveraineté des États et de l’affaiblissement du droit international.
D’emblée, Paul Biya a remercié le corps diplomatique pour les vœux formulés à son endroit et à celui du peuple camerounais, avant de revenir sur l’un des faits majeurs de l’année écoulée : l’achèvement, le 9 septembre 2025, du mandat du Cameroun à la présidence de la 79ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. Un mandat conduit, selon lui, « avec succès », grâce au soutien de l’ensemble de la communauté internationale.
Dans un contexte mondial qualifié de « particulièrement difficile », le président camerounais a souligné l’engagement constant de son pays en faveur du multilatéralisme et de la solidarité internationale. Il s’est félicité des avancées enregistrées au sein du système onusien, notamment l’adoption, le 22 septembre 2024, du Pacte pour l’Avenir et de ses annexes relatives au numérique mondial et aux générations futures.
Paul Biya a également mis en exergue l’adoption, à Yaoundé en juillet 2025, de la Déclaration sur l’Économie Bleue Durable, issue d’une conférence internationale organisée au Cameroun, y voyant une illustration concrète de l’implication de son pays dans les débats globaux sur le développement durable.
Sur le plan institutionnel, le Chef de l’État est revenu sur le plaidoyer conduit par le Cameroun en faveur de la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies. Une question jugée cruciale par les pays en développement, en particulier africains. Les progrès enregistrés sur ce dossier durant la présidence camerounaise de l’Assemblée générale ont été présentés comme un motif de satisfaction collective.
Abordant les tensions internationales persistantes, Paul Biya a dressé un constat préoccupant. « Notre monde continue d’être confronté aux affres du terrorisme, aux multiples atteintes à la souveraineté des États et au recul du droit international », a-t-il déclaré, soulignant que la prolifération des crises et des conflits, avec leur lot de pertes humaines et de destructions, affecte toutes les régions du monde et compromet le développement ainsi que le bien-être des populations.
Le président camerounais a mis en garde contre le risque d’effondrement du système international si cette spirale de violence se poursuit, rappelant son appel récurrent au dialogue et à la conciliation. Pour lui, « la voie des armes et de la violence est très souvent une voie sans issue », seule une paix durable et juste pouvant garantir la survie de l’humanité.
Dans cette perspective, Paul Biya a réaffirmé la responsabilité centrale des Nations unies et la nécessité de renforcer leur rôle, en leur donnant les moyens et le soutien requis pour remplir leurs missions. Il a assuré que l’engagement du Cameroun en faveur de la paix, du développement et de la concorde entre les peuples demeurera constant.
Illustrant cette orientation, le Chef de l’État a annoncé que le Cameroun abritera en 2026 la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce. Un rendez-vous international qu’il a présenté comme une opportunité de promouvoir les vertus du multilatéralisme, à l’heure où les tentations unilatéralistes gagnent du terrain.
Paul Biya a enfin salué la qualité des relations de partenariat entre le Cameroun, les pays représentés et les institutions internationales, réaffirmant la volonté de son pays de renforcer ces liens dans un esprit de confiance et de respect mutuels, avant d’adresser ses vœux de santé, de prospérité et de paix pour l’année 2026.







