Une nouvelle ère s’ouvre pour l’industrie du pneu au Cameroun. Ce secteur est sur le point de connaître un bouleversement majeur avec la fusion-absorption de Cameroon Tyre Factory (CTF) par sa société sœur, CTF Project. Cette opération, devrait donner naissance à un champion national du pneu, dont le capital social passera de 100 millions de FCFA à 15,253 milliards de FCFA. La hausse de ce capital est la résultante de l’émission de 1 525 206 nouvelles actions d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacune, apprend-on. La manœuvre vise à soutenir une production de pneus sous deux marques phares : « Afri Star » pour les poids lourds et « Pcr » pour les véhicules de tourisme. CTF Project envisage non seulement d’alimenter le marché camerounais mais aussi les pays de la sous-région.
Ce projet d’envergure est évalué à 750 milliards de FCFA et devrait permettre à la Cameroon Development Corporation (CDC) de jouer un rôle clé dans l’approvisionnement en hévéa, matière première indispensable pour la production de pneus. L’objectif principal de cette opération de fusion de ces deux entités appartenant au groupe industriel d’Antoine Ndzengue, également PDG de Neptune Oil est de créer un seul pôle de production et de distribution de pneus, renforçant ainsi la compétitivité sur le marché local et international. Pour Antoine Ndzengue, ce projet permettra « une meilleure distribution des pneus neufs et afin de bénéficier très rapidement du réseau de distribution déjà existant sur le marché Camerounais et à l’exportation ; une stratégie verticale permettant de réaliser des économies de coûts des transactions sur la distribution des pneus ». En outre, cette réorganisation industrielle devrait générer des économies significatives grâce à une intégration verticale de la production et de la distribution.
Avec cette fusion, la Cameroon Tyre Factory Project se positionne pour devenir un acteur incontournable sur le marché des pneus en Afrique centrale, avec l’ambition de rivaliser avec les plus grands constructeurs internationaux. La réussite de ce projet repose sur des financements provenant d’institutions financières de premier plan, telles que la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) et Afreximbank, ainsi que sur l’appui technique d’un partenaire finlandais, nous souffle une source proche du dossier. À terme, ce sont 2 500 emplois directs et un nombre similaire d’emplois indirects qui devraient être créés, offrant un coup de pouce à l’économie locale et régionale.







