Les autorités chargées de la concrétisation du projet de Bus Rapid Transit (BRT) de Douala ont lancé, en octobre 2025, les premiers appels d’offres pour le recrutement des entreprises auxquelles elles souhaitent confier les travaux liés audit projet. Selon des informations obtenues auprès de sources internes au Projet de mobilité urbaine de Douala — dont le BRT est une composante — 14 entreprises ont déposé des offres pour les voies de rabattement, après que 21 sociétés ont acquis le dossier.
Les résultats sont attendus pour fin février 2026. Le cahier des charges porte sur 12,5 km de voiries d’accès, pour un montant estimé à 4,7 milliards de FCFA. Il concerne des tronçons situés dans Douala 1er, 2e, 3e et 5e, et inclut chaussées, drainage, éclairage, installation d’outils de gestion du trafic ainsi que la relocalisation de réseaux d’eau et d’électricité. Ces chantiers, bien que distincts des travaux principaux du BRT, balisent le terrain pour ces derniers et constituent un signal fort susceptible d’être perçu positivement par la Banque mondiale, auprès de laquelle le Cameroun a emprunté 261 milliards de FCFA pour ce projet estimé à plus de 350 milliards de FCFA.
Ils pourraient également peser dans les discussions engagées avec l’institution de Bretton Woods afin d’obtenir le prolongement de la clôture du financement accordé au Cameroun, initialement prévue en juin 2028.
En effet, au regard des retards accumulés dans la conduite du projet, la Communauté urbaine de Douala, convaincue qu’elle ne pourrait pas livrer l’ensemble du chantier à la date prévue, a entamé des discussions avec la Banque mondiale pour obtenir une extension de la date de clôture des opérations de décaissement.
« Lors de la dernière mission de supervision de la Banque mondiale, qui s’est tenue en juin 2025, ce risque de ne pas finaliser les travaux en 2028 a bien été relevé. Nous avons obtenu un accord de principe de la Banque mondiale pour une possible extension de la date de fin du projet, mais sous réserve que nous commencions déjà tous les travaux », expliquait en août 2025 Tene Mbimi Prisca, conseillère technique n°3 auprès du maire de Douala et coordonnatrice du projet.
CALENDRIER ENCORE INCERTAIN POUR LE CORRIDOR PRINCIPAL
À ce stade, les conclusions des discussions engagées avec la Banque mondiale restent confidentielles. Concrètement, on ignore toujours si le Cameroun a obtenu de l’institution financière la prolongation sollicitée. Toutefois, les projections actuelles relatives au corridor principal du BRT semblent plaider pour une issue favorable. Les travaux de ce corridor sont programmés pour démarrer fin 2026 ou début 2027.
Étant donné qu’avant même le lancement des travaux préliminaires susmentionnés, la Communauté urbaine de Douala craignait déjà de ne pas respecter les délais, il paraît peu probable que, quelques mois plus tard, elle ait assuré aux responsables de la Banque mondiale pouvoir achever le chantier entre 2027 et 2028.
En outre, le contrat de l’opérateur chargé d’assurer le transport devrait être signé en 2027. Le projet BRT de Douala est conçu autour de quatre lignes totalisant 27 km, 44 stations et quatre terminaux. Il intègre également environ 80 km de voies urbaines de rabattement.
UN PROJET ANCIEN RELANCÉ À PLUSIEURS REPRISES
L’idée d’implanter un système de bus à haut niveau de service au Cameroun n’est pas récente. En 2015, le ministère des Finances annonçait la mise en place de deux lignes pilotes : l’une à Yaoundé (21 km, d’Olembé à Ahala) et l’autre à Douala (17 km, du Carrefour des Douanes au PK 17). Ces projets avaient fait l’objet d’une signature de principe avec l’entreprise brésilienne Marco Polo, spécialisée dans la fabrication d’autobus, et devaient entrer en service en 2018.
Les tracés avaient été définis, des études topographiques et de trafic mené, et un mémorandum d’entente signé avec le secrétaire général de la Primature pour le compte du Cameroun. Pourtant, aucune suite concrète n’a été donnée à cette première phase. En 2019, l’initiative est relancée par le ministre du Développement urbain et de l’Habitat, Jean Claude Mbwentchou, dans le cadre du programme Mobilise Your City, une initiative internationale lancée lors de la COP21 à Paris en 2015.
Ce programme vise à aider les villes en développement à concevoir des plans de mobilité urbaine durables. À Douala, il se traduit par l’élaboration d’un Plan de Mobilité Urbaine Soutenable (PMUS). Malgré cette relance, aucun chantier n’a été engagé et le projet est resté à l’état de planification jusqu’à l’intervention de la Banque mondiale.







