La lutte contre le blanchiment des capitaux élargit ses tentacules au Cameroun. Les établissements touristiques et de loisirs vont désormais entrer dans le périmètre de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. La décision fait suite à une prescription de l’Union monétaire de l’Afrique centrale visant à renforcer la supervision des entreprises et professions non financières dans la zone Cemac. Dans un communiqué publié le 16 mars, le ministère du Tourisme et des Loisirs annonce des missions d’inspection à venir dans les hôtels, restaurants, agences de voyages et autres structures assimilées.
L’objectif est de vérifier que ces entités ne servent pas de relais à des flux financiers illicites. Le dispositif s’inscrit dans une logique plus large d’extension du contrôle aux professions non financières désignées, longtemps restées en marge des mécanismes de surveillance. Une circulaire signée le 20 février encadre désormais les inspections et élargit le champ aux appartements meublés, complexes de loisirs et autres acteurs de la chaîne touristique. Sur le plan opérationnel, les missions ne sont pas encore programmées. Leur déploiement nécessite une coordination avec le ministère des Finances et l’Agence nationale d’investigation financière, chargée du traitement des informations suspectes et du suivi des flux financiers.
Derrière cette montée en puissance du contrôle, l’enjeu dépasse le seul secteur touristique. Il s’agit de répondre aux exigences internationales en matière de conformité LBC/FT et de corriger les insuffisances relevées depuis 2023. Le Cameroun reste inscrit sur la liste grise du Groupe d’action financière, un signal négatif pour les investisseurs et les partenaires financiers. La crédibilité du système financier est en jeu, avec des implications directes sur l’attractivité du pays. La stratégie repose sur un principe simple. Assainir les circuits d’investissement pour restaurer la confiance.
En renforçant la traçabilité et la transparence, les autorités espèrent améliorer la perception du risque pays et créer un environnement plus favorable aux capitaux. Le pari reste conditionné à l’efficacité du dispositif. L’adhésion des opérateurs du tourisme est jugée déterminante. Les autorités appellent à la coopération des acteurs pour faciliter les contrôles et accélérer la mise en conformité.







