C’est un ennemi qu’on ne voit pas et qui ne fait pas de bruit, mais il cause beaucoup de souffrance mentale. À Bertoua, dans le quartier ENIA, juste derrière l’Hôtel Teresa, le sommeil est devenu rare, presque un souvenir. Depuis un an, les habitants se battent sans succès contre les punaises de lit. Ici, on ne dort plus vraiment ; on reste éveillé, on subit, et l’infestation gagne du terrain, maison après maison, tandis que les autorités restent sans pouvoir.
« La nuit, dès qu’on éteint la lumière, elles sortent. Elles piquent, sucent le sang. On passe la nuit à se gratter, à pleurer. Je suis épuisée, mes enfants ont peur de leur propre lit. On est traumatisés. » C’est la même histoire dans les maisons d’ENIA dans la cité capitale de la région de l’Est Cameroun, Bertoua. Ces insectes vampires ne se contentent pas de piquer. Ils s’installent dans nos esprits. Le jour, les démangeaisons rappellent ce cauchemar de la nuit. Et le pire, c’est que ça se propage vite. Une chaise prêtée à un voisin, une visite chez un ami, et le parasite s’installe ailleurs.
Il faut indiquer que, le problème avait été signalé par l’intermédiaire du journaliste Joël Godje Mana, et la cellule de communication du Ministère de la Santé Publique avait réagi il y a environ un an. Une équipe de la délégation régionale de l’Est s’était ainsi rendue pour le traitement d’une maison. Le résultat ? Un échec malgré l’effort et la promptitude . Quelques jours après, les punaises sont revenues, encore plus fortes. « Ils sont venus, ils ont pulvérisé, ils ont répondu vite à notre signalement, mais ça n’a pas suffi ! Même ceux qui ont déménagé pour fuir les ont retrouvées dans leur nouvelle maison. C’est une malédiction. Ce n’est pas un petit problème, c’est une urgence de santé publique ! », raconte un locataire de la première maison traitée l’an dernier.
Le repas de cet insecte « vampire »
D’un point de vue scientifique, la punaise de lit se nourrit uniquement de sang humain. Elle peut survivre plusieurs mois sans se nourrir, en se cachant dans les plus petites fissures. Au-delà des marques sur la peau, les conséquences peuvent être graves. On constate de l’anémie chez les bébés, des insomnies continues, et des troubles psychologiques liés au stress post-traumatique.
Si rien n’est fait, toute la ville de Bertoua pourrait être envahie. Parce que la punaise ne fait pas de différence entre riches et pauvres. Rappelons nous du cas de Yaoundé il y a un an ou encore de la France.
Qui peut vraiment dormir quand son enfant crie de douleur ? Protéger nos habitants, surtout nos enfants, est-ce devenu une option ? Les habitants d’ENIA s’adressent directement au Ministre de la Santé.
« Ne laissez pas la situation dégénérer. Ce n’est plus question de désinfecter une chambre, mais d’arrêter une épidémie qui détruit la dignité des gens. »
À ENIA, Bertoua, le temps est compté. Chaque minute de silence des autorités est une minute où ces insectes continuent de faire du mal.







