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Afriland First Bank s’allie à VISA pour accélérer les paiements numériques

Signé le 11 mars 2026 à Yaoundé, ce partenariat stratégique de trois ans entre Afriland First Bank et le groupe américain VISA prévoit de renforcer la coopération technologique entre les deux institutions afin de développer les paiements électroniques, d’élargir l’offre de services financiers et de soutenir l’inclusion financière.

La cérémonie s’est tenue à la Maison de la First Bank à Yaoundé, en présence des dirigeants des deux institutions, ainsi que de partenaires et de clients. Prenant la parole, le directeur général adjoint d’Afriland First Bank Cameroun, Hervé Dieudonné Ayissi, a rappelé que la collaboration entre les deux organisations ne date pas d’hier.

Selon lui, les relations tissées au fil des années avec VISA ont progressivement contribué à faire évoluer les moyens de paiement disponibles sur le marché camerounais. « Cette collaboration s’est progressivement affirmée comme un pilier de notre engagement en faveur de la modernisation des moyens de paiement dans notre pays. Grâce à ce partenariat durable, des solutions de paiement fiables et accessibles ont été mises à la disposition d’un marché camerounais toujours plus exigeant », a déclaré le dirigeant.

 Le nouvel accord doit désormais permettre d’accélérer l’usage des solutions de paiement électroniques et de soutenir l’inclusion financière. Il prévoit également d’élargir l’offre de services destinée aux particuliers, aux entreprises et aux administrations. Pour le groupe américain Visa, ce partenariat avec Afriland First Bank s’inscrit dans la volonté de renforcer sa présence sur les marchés africains, où les paiements numériques connaissent une progression rapide. « Il y a encore quelques années, dans plusieurs de nos pays – et le Cameroun ne fait pas exception – effectuer un paiement, ouvrir un compte ou envoyer de l’argent était souvent complexe. Il fallait se déplacer, accomplir de nombreuses formalités, parfois attendre longtemps. Aujourd’hui, avec un simple geste, un clic, une carte ou même directement depuis son téléphone, ces actions sont devenues plus simples et plus sûres », a déclaré Inès Amani, Country Manager de VISA Cameroun.

La responsable explique que ce partenariat repose sur un principe de co-construction avec la banque camerounaise, afin de développer des solutions adaptées aux réalités locales. « Certes, nous sommes le leader mondial du paiement numérique, mais nous ne venons pas imposer des modèles. Nous venons co-créer, avec les équipes d’Afriland First Bank, des solutions adaptées aux réalités locales et régionales, conformes aux standards internationaux de sécurité et tournées vers l’avenir », a-t-elle indiqué.

UNE ÉCONOMIE ENCORE LARGEMENT DOMINÉE PAR LE CASH

 Si Afriland First Bank mise sur l’accélération des paiements électroniques, c’est aussi parce que le système financier camerounais reste encore fortement marqué par l’usage des espèces et une bancarisation limitée. Lors de la cérémonie, le directeur général adjoint de la banque, Hervé Dieudonné Ayissi, a rappelé que le taux de bancarisation au sens strict avoisine 20 % au Cameroun. En élargissant le périmètre aux institutions de microfinance et aux services de mobile money, l’accès aux services financiers concerne environ 45 % de la population.

Ces progrès n’ont toutefois pas profondément modifié les habitudes de paiement. L’argent liquide demeure de loin le principal moyen de transaction dans l’économie. « De l’avis des experts, 90 à 95 % des transactions se font encore en espèces, que ce soit dans les marchés, le commerce de détail, les transports ou les services de proximité. Même si plusieurs grandes entreprises et l’État ont engagé des chantiers de dématérialisation, les transactions en espèces représentent encore plus de 80 % de la valeur totale des paiements dans notre pays », a expliqué le responsable d’Afriland First Bank.

 Cette prédominance du cash est particulièrement visible dans le secteur informel, qui représenterait près de 70 % du produit intérieur brut selon les estimations évoquées lors de la cérémonie. Dans de nombreuses activités, les paiements électroniques restent encore marginaux. Pour les établissements financiers, cette réalité constitue un frein important à la mobilisation de l’épargne et au financement de l’économie.

L’absence de traçabilité des flux financiers complique l’analyse des risques et renchérit les coûts de transaction. « La faible mobilisation de la ressource financière a un impact significatif sur la capacité des banques à financer l’économie. Elle limite l’accès au financement pour de nombreux acteurs économiques faute de traçabilité des flux », a souligné Hervé Dieudonné Ayissi.

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