La Afreximbank, banque panafricaine dédiée au financement et à la facilitation du commerce intra-africain, consolide son ancrage au Cameroun. En l’espace de deux années, l’institution a mobilisé plus de 600 milliards de FCFA au profit de l’État et du secteur privé, confirmant son rôle de partenaire financier structurant dans un environnement international marqué par le durcissement des conditions d’accès aux capitaux.
L’annonce a été faite le 19 février 2026 à Douala par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, lors de la présentation du programme de financement de l’État pour l’exercice 2026. Saluant « un partenaire stratégique », le membre du gouvernement a souligné que, depuis 2024, l’institution panafricaine a mis à disposition des facilités cumulées excédant 600 milliards de FCFA. Un engagement qui, selon lui, traduit « une confiance forte et assumée dans le potentiel et la signature du Cameroun », alors que les marchés internationaux demeurent exigeants et sélectifs.
UN APPUI DÉTERMINANT AUX OPÉRATIONS DE L’ÉTAT
Dans le détail, les interventions d’Afreximbank ont jusqu’ici bénéficié majoritairement au Trésor public. Parmi les opérations structurantes figure un swap de devises – conversion d’euros en FCFA – ayant permis à l’État de lever 200 milliards de FCFA par émission de titres publics sur le marché de la BEAC en juin 2025. À cela s’ajoute une garantie accordée au gouvernement pour mobiliser 159 milliards de FCFA auprès des banques locales au cours de la même année.
L’institution a également octroyé trois crédits totalisant 96 milliards de FCFA pour financer le projet d’électrification de 200 localités par systèmes solaires photovoltaïques. Ce soutien s’inscrit dans la stratégie nationale d’amélioration de l’accès à l’énergie et de promotion des solutions renouvelables, en cohérence avec les engagements du Cameroun en matière de transition énergétique. Ces concours témoignent d’un positionnement assumé : accompagner la soutenabilité budgétaire tout en contribuant au financement d’investissements productifs, susceptibles d’accroître la résilience économique du pays.
UNE MONTÉE EN PUISSANCE DANS LE SECTEUR PRIVÉ
Si l’appui à l’État demeure prépondérant, Afreximbank renforce progressivement son exposition au secteur privé camerounais. L’ouverture, en 2021, de son bureau régional pour l’Afrique centrale à Yaoundé a marqué un tournant stratégique dans cette dynamique de proximité. Parmi les dossiers emblématiques figure le projet de construction d’une usine de production de bitume à Kribi, porté par la société All Bitumen PLC. L’institution aurait financé à hauteur d’environ 2 milliards de FCFA les études de maturation du projet, dont l’investissement global est estimé à 161 milliards de FCFA.
Depuis fin 2024, Afreximbank agit en qualité d’arrangeur mandaté, avec pour mission de structurer le financement et de mobiliser d’autres partenaires autour de cette infrastructure industrielle jugée stratégique pour le développement du réseau routier national. Ce rôle d’arrangeur illustre la valeur ajoutée de la banque : au-delà de l’apport en fonds propres ou en dette, elle catalyse des ressources additionnelles et contribue à la bancabilité de projets industriels à fort impact.
UN LEADERSHIP CAMEROUNAIS À LA TÊTE DE L’INSTITUTION
Depuis septembre 2025, Afreximbank est dirigée par le Camerounais George Elombi. Sa nomination à la présidence de l’institution constitue un symbole fort pour le pays, déjà lié à la banque à double titre. D’une part, le Cameroun est actionnaire souverain de l’institution. D’autre part, la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) détient une participation de catégorie B, à hauteur de 700 millions de FCFA.
Ce statut confère au fonds de pension un siège au conseil d’administration, aux côtés d’autres investisseurs africains, renforçant ainsi l’influence camerounaise dans la gouvernance de la banque. À l’heure où le continent mise sur l’intégration économique et la transformation structurelle de ses économies, Afreximbank apparaît, pour le Cameroun, comme un levier financier et stratégique de premier plan.







