Au lendemain de l’annonce officielle d’un premier cas de virus Ebola au Nigeria, le Comité stratégique des urgences sanitaires s’est réuni ce 22 octobre à Yaoundé, sous la présidence du ministre de la Santé publique (Minsanté), Malachie Manaouda. A l’occasion, l’état des lieux du dispositif de prévention de la maladie a été fait. Un constat se dégage: l’état de préparation du Cameroun est »insuffisant » pour faire face à une éventuelle flambée de la fièvre hémorragique. La réunion visait à trouver les voies et moyens de corriger ces vulnérabilités.
Un plan d’action d’urgence a été élaboré. Sept mesures prioritaires ont été prises pour protéger le territoire camerounais d’un risque d’importation de ce virus mortel, autour de trois impératifs : prévenir l’entrée du virus, détecter et isoler sans délai tout patient suspect, et mobiliser l’ensemble des partenaires techniques. Concrètement, le dispositif prévoit l’activation d’une veille sanitaire renforcée aux points d’entrée et la mise en alerte de tous les établissements de santé, publics comme privés. Un accent particulier sera mis sur la sécurité et la protection du personnel soignant, souvent en première ligne. Sur les plans diplomatique et sanitaire, le Cameroun s’engage à intensifier la coopération transfrontalière, notamment par le biais d’un partage d’informations en temps réel avec les autorités nigérianes et les organismes internationaux.
Afin de garantir l’efficacité de cette riposte, il est prévu des sessions de recyclage du personnel engagé dans la riposte. Par ailleurs, des ressources seront allouées à l’acquisition d’intrants médicaux stratégiques et au renforcement des capacités de diagnostic des laboratoires.
9 637 cas confirmés pour 4 646 décès
Cette réaction, faut-il le rappeler, fait suite à la confirmation, le 19 octobre dernier, d’un premier cas d’infection au virus Ebola, au Nigeria. La patiente, diplomate, est passée par l’Ouganda, pays voisin de la République démocratique du Congo (RDC), foyer traditionnel de cette maladie qui s’étend également au Kenya où l’on parle de 9 637 cas confirmés pour 4 646 décès, soit un taux de létalité de 48,2%. C’est donc une situation pour le moins alarmante qui a commandé la réunion de ce 22 octobre 2026.
EN BREF
Les 7 mesures d’urgence
Veille sanitaire : Réactivation de la surveillance épidémiologique pour détecter précocement tout cas suspect.
Alerte hospitalière : Mobilisation de toutes les structures de santé (publiques et privées) et protection du personnel. Capacités médicales : Acquisition d’intrants pour renforcer le diagnostic et la prise en charge.
Recyclage opérationnel : Remise à niveau urgente des équipes d’intervention rapide.
Feuille de route chiffrée : Soumission d’un plan budgétisé à la Primature pour le financement de la riposte.
Coopération transfrontalière : Intensification des échanges sanitaires avec le Nigeria et les partenaires techniques. Sensibilisation : Communication responsable avec la presse pour prévenir tout mouvement de panique.





