AccueilPolitique & SociétéCultureYaoundé : les REDY veulent doter le théâtre africain d’une charte du métier

Yaoundé : les REDY veulent doter le théâtre africain d’une charte du métier

La première édition des Rencontre Dramaturgiques de Yaoundé (REDY) se tient du 16 au 21 novembre 2026. A l’initiative de la Compagnie Rouge, les professionnel.le.s du Théâtre d’Afrique et d’Europe échangeront sur une charte des pratiques du métier dont la première version sera signée le 21 Novembre 2026.

Yaoundé accueille du lundi 16 au Samedi 21 novembre 2026 la première édition des Rencontres Dramaturgiques de Yaoundé (REDY). Organisée par la compagnie Rouge, l’évènement se tient sur six jours dans trois lieux culturels : A(fro)Topos Cultural Lab de Pie Claude NGUMU, Kamerun Haus – La Maison Des Cultures et au Musée Ethnographique des Peuples de la Foret. Cette manifestation réunit des professionnel.le.s du théâtre venu(e)s d4Afrique et d’Europe avec un objectif : définir ensemble comment le métier doit fonctionner.

Au terme d’une semaine de rencontres et de débats, la première version de la charte africaine du théâtre doit être lue et signée le samedi 21 novembre. Le comité d’organisation la présente comme « un référentiel professionnel volontaire » que pourront signer des artistes, des compagnies, des lieux, des festivals ou des écoles. Elle ne créera pas, à elle seule d’obligations juridiques pour les Etats, précise Becky BEH Mpala « Nous proposons un début : honnête sur ses limites, ouvert à la critique » directrice de la compagnie rouge et promotrice des REDY.

Etats des lieux : un théâtre qui vit « sans réels soutien de nos états »

Le thème de cette édition « les dramaturgies de la persévérance » part d’un constat que formule la promotrice des REDY «  Le théâtre est un art qui déborde d’énergie, de créativité et de force, mais qui demeure confronté à un manque criant de soutien. Malgré sa richesse et sa capacité à réunir plusieurs disciplines artistiques, il reste encore trop souvent le parent pauvre du secteur culturel. Sa pratique exige pourtant des moyens importants, de la création à la production, en passant par la diffusion et la circulation des œuvres.Pour vivre pleinement, le théâtre doit pouvoir bénéficier de financements à la hauteur de ses ambitions, mais aussi de mécanismes de soutien pensés depuis le continent africain et mobilisés au profit de ses artistes. Il en va de la pérennité de nos pratiques, de la reconnaissance de nos imaginaires et de notre capacité à faire entendre nos propres voix ».

 Aujourd’hui la plupart des pièces de théâtre, des professionnel.le.s qui circulent c’est parce qu’elle ajoute « on a plus de facilité à obtenir des financements internationaux que locaux ». Une réalité qui conditionne les pratiques du métier, ses esthétiques, ses problematiques et les conditions de vie de ses acteurs(trices). Il est urgent pour les artistes de trouver « des formules pour pourvoir se financer ici, de manière locale » nous révèle-t-elle et d’interesser des publics qui ne sont plus habitués au theatre. L’enjeu, dit-elle est « Soutenir le théâtre africain, c’est aussi défendre notre souveraineté culturelle et nous donner les moyens de raconter nous-mêmes nos histoires, selon nos réalités, nos sensibilités et nos visions du monde » conclut-elle. Pour aborder les questions cruciales, les experts vont chacun intervenir sur des problématiques précises notamment : états des lieux du théâtre en Afrique et liberté de création, la diversité linguistique, dignité et conditions de travail, production, collaboration internationales et mobilité, éducation et transmission, écritures, esthétiques, gouvernance et politique culturelle, théâtre environnemental, digital et IA. Les débats s’ouvriront chaque jour et des résolutions consignées chaque soir sur chaque thématique. 

Des acteurs et actrices culturel.le.s de six pays attendus

Les Rencontres d’échanges et de dialogue (REDY) réuniront des professionnels du théâtre venus de six pays. Parmi les invités annoncés figurent Aristide Tarnagda (Burkina Faso), directeur des Récréâtrales ; Abdon Fortuné Koumba (République du Congo), à la tête du festival Dol’En Scène ; Freddy Sabimbona (Burundi), directeur du festival Buja Sans Tabou ; Jeanne Diama (Mali), dramaturge et comédienne, qui abordera les écritures féminines ; ainsi que l’Allemande Yohanna Yassira Kluhs, dramaturge, curatrice et productrice.

Le Cameroun sera représenté par Martin Ambarra, metteur en scène et directeur artistique du laboratoire de théâtre OTHNI ; Junior Esseba, président du Centre camerounais de l’Institut international du théâtre-Unesco ;  Hermine Yollo, directrice de la compagnie Ngoti, récompensée en 2026 par le Prix RFI Théâtre pour son œuvre Ima Maryam : le jugement de Marie ; Landry Nguetsa , Metteurs en scène, directeur de la Compagnie EMINTHA.

Une programmation prolongée par la musique et l’artisanat

En marge des rencontres professionnelles, le REDY Village proposera, en soirée, des moments de partage autour de la musique live et de repas conviviaux. L’objectif est aussi de permettre aux participants de se retrouver dans un cadre moins formel. Des spectacles, JAM sont annoncés tous les soirs avant le grand concert de clôture prévu le samedi.

Du 16 au 21 novembre, une foire artisanale et gastronomique viendra compléter le programme. Elle offrira aux visiteurs, notamment étrangers, l’occasion de découvrir les produits, les créations et les spécialités culinaires du Cameroun. Les artisans, créateurs et restaurateurs intéressés peuvent réserver un stand de 3 m × 3 m dès à présent. 

Participation ouverte en ligne, accréditations jusqu’au 10 novembre 

Les personnes intéressées peuvent s’inscrire en ligne à l’aide d’un formulaire permettant également de sélectionner les rencontres auxquelles elles souhaitent prendre part. Les REDY se veulent accessibles à tous.toutes les professionnel.le.s qui peuvent contribuer via un formulaire à remplir en ligne comme à toute personne désireuse d’écouter, d’échanger ou de rencontrer des acteurs culturels, notamment des figures expérimentées du secteur.

Les médias et les partenaires disposent, quant à eux, jusqu’au 10 novembre 2026 pour solliciter une accréditation. La Compagnie Rouge, organisatrice de l’événement, reste également à la recherche de soutiens pour accompagner cette initiative. « On a besoin des partenaires », rappelle sa directrice.

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