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La suspension du Cameroun pourrait être maintenue

Selon certaines indiscrétions, la suspension pourrait être maintenue en 2027. Le Cameroun pourrait ainsi payer le prix pour sa gestion calamiteuse, opaque et manque de traçabilité de son secteur aurifère.

Le Cameroun doit passer l’examen de sa réintégration dans l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) en avril 2027. Après sa suspension de cette initiative en 2024, il avait été demandé au gouvernement et aux parties prenantes locales de remplir une vingtaine de critères correctifs pour espérer lever cette suspension et réintégrer pleinement l’Itie. L’ensemble des acteurs du processus se devaient d’avoir une compréhension claire de la norme 2023, qui est plus exigeante sur des questions comme la propriété effective ou encore les questions de transition énergétique.

Si au niveau du gouvernement, l’on a pour le moment, bon espoir que cet examen de réintégration va se passer avec succès, de l’avis de certains experts du secteur minier camerounais comme Bareja Youmsi, il y a un gros risque que le résultat escompté ne soit pas atteint. Certaines indiscrétions font même déjà état du maintien de cette suspension en 2027. Et pour cause, le pays pourrait payer le prix de sa gestion calamiteuse, opaque et du manque de traçabilité de son secteur aurifère.

S’agissant justement du secteur aurifère, une affaire de trafic illégal d’or continue de secouer l’establishment. Alors que la production formelle d’or au Cameroun était marquée par une faible déclaration douanière, soit environ 22,3 kg en 2023, les données internationales indiquaient plus de 15 tonnes exportées. La majorité de l’or issue de l’exploitation artisanale non tracée, échappant aux circuits officiels. Parallèlement, environ 1 tonne d’or issue de la production formelle et 30 kg d’or industriel ne figurant pas dans les données officielles. L’Itie évalue à 165 milliards de FCFA les pertes fiscales potentielles, un manque à gagner significatif pour l’État, alors même que le secteur aurifère est classé stratégique.

LES RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE SUR LE TRAFIC ILLÉGAL D’OR TOUJOURS ATTENDU

L’on attend même encore les résultats de l’enquête ordonnée par le Président Paul Biya en mars 2026, avec création d’une commission d’enquête mixte pour faire la lumière sur le trafic illégal d’or au Cameroun. Cette enquête faisait suite à la découverte de disparités majeures entre les volumes d’or déclarés par le Cameroun et ceux enregistrés dans les pays importateurs. Il était donc question d’identifier les réseaux impliqués dans l’exploitation et la commercialisation clandestine du métal précieux ; établir les responsabilités face aux pertes fiscales considérables subies par l’État, tout en proposant des réformes pour mieux encadrer le secteur minier et sécuriser les circuits officiels de vente.

Le Cameroun, faut-il le rappeler, avait été de l’Itie, le 1er mars 2024, à la suite d’une évaluation (validation). Il était surtout reproché au pays des efforts insuffisants « dans l’engagement de la société civile et de contraintes imposées par le gouvernement sur la liberté d’expression et la liberté d’association de la société civile ». À l’exception des questions relatives à la transparence sur les contrats extractifs et celles sur les bénéficiaires effectifs, le pays a pourtant fourni de nombreux efforts pour permettre une meilleure disponibilité des données sur les paiements déclarés par les entreprises du secteur extractif, y compris la société publique nationale pétrolière, et sur les revenus perçus par les entités gouvernementales appropriées.

Mais le Secrétariat international de l’Itie exigeait que l’implication de la société civile soit améliorée. « Des faiblesses sont notées dans l’engagement de la société civile dans l’EITI et dans sa capacité à utiliser le processus pour influencer la prise de décision publique. Ces défis sont liés à un manque de responsabilité de la majorité des représentants de la société civile au sein du groupe multipartite (MSG) et à des problèmes de gouvernance plus larges », pouvait-on lire dans le document de l’ITIE.

Par Blaise NNANG
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