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Sécuritaire sanitaire : plus de 92 milliards de FCFA pour anticiper la prochaine pandémie

Le gouvernement engage un programme de 92,02 milliards de FCFA pour renforcer sa capacité à prévenir, détecter et contenir les futures pandémies. Financé par le Pandemic Fund, l'État et plusieurs partenaires internationaux, le projet ciblera les dix régions du pays et 42 districts de santé prioritaires selon l'approche « Une Seule Santé ».

Le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, préside le 29 juillet 2026 à Yaoundé le lancement officiel du projet de renforcement des capacités du Cameroun face aux pandémies. La cérémonie réunit une soixantaine de participants. Des représentants des ministères, des partenaires techniques et financiers, des entités de mise en œuvre et des organisations de la société civile y prennent part.

 Le Cameroun a soumissionné et obtenu ce financement en 2025 auprès du Pandemic Fund. Le pays justifie cette démarche par les fragilités révélées par les épidémies passées. Le ministère de la Santé publique l’affirme dans son communiqué officiel. Il veut désormais assurer une gestion efficace et transparente des ressources mobilisées.

UN MONTAGE FINANCIER À TROIS ÉTAGES

Le projet pèse 92,02 milliards de FCFCA soit 159,7 millions de dollars. Le Pandemic Fund apporte un don de 13,5 milliards FCFA. Les partenaires techniques et financiers mobilisent 64,6 milliards de FCFA de cofinancement. L’État camerounais complète l’enveloppe avec plus de 13,8 milliards de FCFA sur fonds propres. Le don du Fonds pandémique représente donc moins de 15% du budget total. Le cofinancement, lui, pèse plus de 70% des ressources. Cette architecture correspond au principe même du Pandemic Fund.

Le mécanisme cherche à démultiplier chaque dollar investi en attirant d’autres bailleurs autour d’un même projet. Le Pandemic Fund a été créé en 2022 par les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20. La pandémie de Covid-19 avait révélé des manques criants d’investissement dans la préparation sanitaire. Le Groupe de la Banque mondiale héberge le secrétariat du Fonds et en assure la fonction de fiduciaire. Un conseil d’administration réunit pays contributeurs, pays bénéficiaires, organisations internationales et représentants de la société civile.

Depuis sa création, le Fonds a accordé 1,4 milliard de dollars de subventions à travers ses trois premiers appels à propositions. Ces subventions ont permis de mobiliser plus de 10 milliards de dollars de cofinancement. Cent vingt-huit pays répartis sur six régions du monde en bénéficient.

SIX DOMAINES D’INTERVENTION, DIX RÉGIONS COUVERTES

 L’argent camerounais ira vers six domaines techniques. Le premier domaine concerne la surveillance des maladies et l’alerte précoce. La deuxième porte sur le renforcement des laboratoires et du diagnostic. Le troisième vise la formation des ressources humaines en santé publique, y compris les agents de santé communautaire. Le quatrième domaine touche la coordination entre les différents acteurs du système. Le cinquième renforce le Centre de coordination des opérations d’urgence de santé publique (CCOUSP). Le sixième améliore la mobilisation et l’allocation stratégique des ressources.

Le projet cible les dix régions du pays. Il accorde une attention particulière à 42 districts de santé prioritaires, du Grand Nord au Sud, en passant par le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Le CCOUSP présente ce cadre technique et la feuille de route de mise en œuvre lors de la cérémonie de lancement. Le projet vise la cible mondiale dite 7-1-7. Un pays doit détecter une flambée épidémique en sept jours. Il doit la notifier aux autorités compétentes en un jour. Il doit ensuite déployer les premières mesures de réponse en sept jours supplémentaires.

TROIS PARTENAIRES AUX COMMANDES DE L’EXÉCUTION

 La Banque mondiale, la FAO et l’Unicef mettent en œuvre le projet sur le terrain. Ces trois entités accompagnent le Cameroun dans la gestion fiduciaire et financière des fonds. Elles appuient aussi le pays sur le plan technique. Elles suivent les résultats, gèrent les risques et produisent les rapports destinés au Pandemic Fund. Plusieurs administrations camerounaises participent à l’exécution du projet. Le Minsanté pilote l’ensemble du dispositif. Le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales y contribue, tout comme le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable.

Le ministère des Forêts et de la Faune et le ministère de l’Agriculture et du Développement rural complètent le dispositif. Le Programme national de prévention et de lutte contre les zoonoses émergentes et ré-émergentes (Pnplzer), y joue également un rôle. Cette diversité d’acteurs traduit l’approche Une Seule Santé retenue par le projet. Elle relie la santé humaine, la santé animale et l’environnement dans une même chaîne de réponse aux épidémies.

UN DISPOSITIF DE CONTRÔLE À CINQ NIVEAUX

La gouvernance du projet s’intègre à celle du Programme de sécurité sanitaire du Cameroun. Un comité de pilotage fixe les orientations stratégiques. Un comité technique multisectoriel assure la coordination technique entre les différents secteurs impliqués. Une unité de gestion du projet prend en charge la gestion administrative, financière et fiduciaire du dispositif. Elle assure aussi le suivi des activités. Le Pnplzer coordonne la stratégie Une Seule Santé à l’échelle nationale. Le Ccousp, de son côté, assure la coordination opérationnelle des interventions liées aux urgences sanitaires.

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