Le gouvernement camerounais entend accélérer la modernisation de son système financier tout en garantissant la sécurité juridique des transactions. C’est dans cette perspective que le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a présidé, le 28 juillet 2026 à Limbé, la cérémonie d’ouverture d’un séminaire de renforcement des capacités destiné aux avocats des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sur le processus de dématérialisation des valeurs mobilières.
Dans son allocution, le ministre a souligné que cette réforme s’inscrit dans la stratégie nationale de modernisation du secteur financier et dans les objectifs de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Selon lui, la dématérialisation ne constitue pas uniquement une évolution technologique. Elle représente également une réforme juridique, institutionnelle et de gouvernance visant à renforcer la confiance des investisseurs et la sécurité des opérations financières.
Louis Paul Motaze a insisté sur le rôle déterminant des avocats dans cette transformation. Il a rappelé que l’efficacité d’une réforme ne dépend pas seulement de l’adoption des textes réglementaires ou du déploiement des outils numériques, mais surtout de la capacité des professionnels concernés à maîtriser les nouvelles procédures, à accompagner leurs clients et à garantir la fiabilité juridique des opérations. Le membre du gouvernement a notamment relevé que les avocats, particulièrement lorsqu’ils interviennent dans les actes notariés, contribuent directement à la sécurisation des transactions. Leur parfaite connaissance du processus de dématérialisation est, selon lui, indispensable à la crédibilité du système financier national.
MODERNISER SANS FRAGILISER LES GARANTIES
Le ministre des Finances a également mis en garde contre les risques d’une modernisation insuffisamment encadrée. « Nous devons moderniser sans affaiblir les garanties, simplifier sans compromettre la sécurité juridique et dématérialiser sans remettre en cause les responsabilités », a-t-il indiqué en substance. S’il reconnaît que la dématérialisation offre des avantages considérables en matière de traçabilité, de conservation des données, de rapidité des transactions et de sécurisation des informations relatives aux titres financiers, Louis Paul Motaze estime que ces bénéfices ne pourront être pleinement réalisés qu’à travers une solide maîtrise du cadre juridique par les différents intervenants.
Le séminaire vise ainsi à permettre aux praticiens du droit d’identifier les défis pratiques liés à cette réforme, d’échanger avec les experts et de diffuser, au sein de leurs milieux professionnels, les connaissances acquises.
FAIRE DES AVOCATS DES AMBASSADEURS DE LA RÉFORME
Le ministre a invité les participants à s’impliquer activement dans les travaux afin qu’ils deviennent de véritables relais de cette réforme auprès des opérateurs économiques et des citoyens. La formation, a-t-il affirmé, ne produit des résultats durables que lorsque les connaissances sont appliquées, partagées et enrichies par l’expérience de terrain. Louis Paul Motaze a enfin salué le travail du Fonds autonome d’amortissement (CAA), de l’Ordre des avocats du Cameroun, ainsi que des autorités administratives de la région du Sud-Ouest pour l’organisation de cette rencontre.
Pour le gouvernement, la réussite de la dématérialisation des valeurs mobilières reposera moins sur la seule performance des technologies que sur la compétence des femmes et des hommes chargés de mettre en œuvre cette réforme. Une ambition qui place désormais les professionnels du droit au cœur de la modernisation du système financier camerounais.







