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BAD-Cameroun : 1629 milliards FCFA de projets actifs, mais seulement 26 % décaissés

Le portefeuille actif de la Banque africaine de développement au Cameroun atteint 1629,24 milliards de FCFA. Les engagements de l'institution envers le pays sont passés de 1226,19 à 1603,59 milliards de FCFA depuis le début de la revue du Document de Stratégie Pays (DSP) 2023-2028. Mais le taux de décaissement cumulé plafonne à 26%. La lenteur d'exécution des projets structure toute la mission de revue conjointe présentée le 14 juillet 2026 à Yaoundé.

Depuis l’approbation de sa première opération au Cameroun le 22 novembre 1972, le Groupe de la BAD a accordé au pays 130 prêts et dons pour un montant cumulé d’environ 3345 milliards de FCFA. Cette somme illustre plus de cinquante ans de partenariat entre Yaoundé et l’institution panafricaine.

Le portefeuille actif se concentre aujourd’hui sur les transports, qui captent 53,83% des financements, devant l’énergie à 22,32%, l’agriculture à 10,8% et le social à 9,19%. Ces quatre secteurs représentent plus de 96% des engagements en cours. L’accès du Cameroun aux ressources du Guichet BAD a lui-même bondi. Il est passé de 273,25 milliards de FCFA par an en 2023 à 429,39 milliards de FCFA par an en 2026. La Banque a également approuvé 8 nouveaux projets sur les 11 initialement prévus dans le cadre de la revue, pour un montant de 833,8 milliards de FCFA, alors que le DSP 2023-2028 en prévoyait 1227,47 milliards sur l’ensemble de la période.

LE TAUX DE DÉCAISSEMENT, ANGLE MORT DE LA PERFORMANCE

Ces chiffres d’engagement contrastent avec la réalité du terrain.  Le portefeuille actif de la Banque africaine de développement au Cameroun atteint 1629,24 milliards de FCFA. Le taux de décaissement cumulé du portefeuille s’établit à 26%, un niveau qui traduit la difficulté persistante de transformer les financements approuvés en réalisations concrètes. La mission de revue reconnaît elle-même que la performance du portefeuille, bien qu’en amélioration, reste faible. Un indicateur illustre toutefois une dynamique positive récente.

 Le taux d’instruments financiers classés en alerte rouge a chuté de 48% en février 2026 à 26% à la mi-juillet, se rapprochant de l’objectif institutionnel fixé à 25%. La Banque attribue ce redressement à un suivi plus rigoureux des équipes, appuyé sur un plan d’action tripartite associant le secteur, la région et l’unité de gestion du projet, ainsi qu’à des réunions de suivi organisées à un rythme trimestriel, mensuel, voire hebdomadaire.

LES BLOCAGES IDENTIFIÉS PAR LA MISSION

La revue pointe plusieurs freins structurels à l’exécution. Les délais de signature et de mise en vigueur des nouvelles opérations approuvées restent trop longs. La planification de la libération des fonds de contrepartie manque d’anticipation. Les délais de soumission des rapports d’audits des projets dépassent les standards attendus. La mission recommande par ailleurs de maximiser le recours aux Actions Anticipées d’Acquisitions et de renforcer les capacités des unités de gestion de projet dans le suivi de l’exécution des contrats.

Un Plan d’amélioration de la performance du portefeuille, élaboré conjointement par les équipes camerounaises et celles de la Banque, doit répondre à ces dysfonctionnements. Mais son exécution reste lente. Son évaluation finale est prévue lors de l’atelier de revue de la performance du portefeuille, programmé fin septembre et début octobre 2026. La mission invite le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour accélérer la mise en œuvre des actions restantes.

UN EFFORT PARTAGÉ, PROMET LA BANQUE

Le Groupe de la BAD s’engage de son côté à réduire ses propres délais. Le temps de délivrance des avis de non-objection ne devra plus excéder 21 jours, contre des durées jugées jusqu’ici trop longues. Cette annonce vise à maintenir la dynamique enclenchée depuis le début de l’année 2026, dans un contexte où le financement de la SND30 est désormais estimé à 88 000 milliards de FCFA, soit près de 147,3 milliards de dollars, un montant qui dépasse largement les capacités d’un seul bailleur et qui rend l’efficacité de chaque franc décaissé d’autant plus stratégique.

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