La Banque africaine de développement (BAD) annonce son implication dans la mobilisation de financements massifs pour accompagner la création d’une zone industrielle adossée au port en eau profonde de Kribi. Selon un communiqué diffusé par l’institution panafricaine, le projet devrait bénéficier d’un montage financier global de 795 millions d’euros, soit un peu plus de 521 milliards de FCFA.
Le communiqué de la BAD résume ainsi le rôle de l’institution dans la structuration financière du projet. « En qualité de chef de file et principal partenaire stratégique, le Groupe de la Banque s’est engagé à mobiliser l’intégralité du financement public de 411 millions d’euros (269,6 milliards FCFA) et s’est positionné pour accompagner un financement privé de 384 millions d’euros (251,8 milliards FCFA)»,peut-on lire dans ce document. L’annonce intervient quelques jours après le lancement officiel de la Kribi Port Industrial Zone (KPIZ), la société chargée de piloter le développement de cet espace industriel.
La cérémonie s’est tenue le 26 février à Yaoundé en présence de responsables publics, d’investisseurs et de partenaires du projet. Le communiqué de la BAD indique que les actionnaires impliqués dans cette structure sont notamment Africa Global Logistics, Arise Integrated Industrial Platforms et Belmont Investments LTD. Pour la banque multilatérale, la structuration financière du projet repose sur une répartition claire des rôles entre les différents partenaires. « L’État garantit la vision stratégique, la stabilité et l’alignement avec les priorités nationales.
Le secteur privé apporte le capital, l’expertise technique, la rapidité d’exécution et l’innovation. La Banque africaine de développement assure le leadership financier, la structuration des financements et la cohérence d’ensemble », explique Léandre Bassolé, directeur général du bureau régional de développement et d’intégration pour l’Afrique centrale de l’institution, cité dans le communiqué.
La BAD souligne que son engagement vise aussi à attirer d’autres capitaux privés autour du projet. Selon Léandre Bassolé, le financement de cette infrastructure industrielle doit permettre « de catalyser les investissements privés, de créer des emplois durables et de renforcer la compétitivité du pays sur les marchés régionaux et mondiaux ». Le projet de zone industrielle est directement lié au port en eau profonde de Kribi, infrastructure devenue en quelques années l’un des principaux points d’entrée maritime du Cameroun et de la sous-région. L’espace industriel prévu autour du port doit accueillir des unités de transformation et des activités manufacturières orientées vers l’exportation.
Le communiqué de la BAD indique que l’ambition affichée par les promoteurs est de renforcer la transformation locale de matières premières et d’augmenter la contribution du secteur manufacturier à l’économie camerounaise. Le dispositif s’inscrit dans la stratégie nationale de développement du pays ainsi que dans son plan directeur d’industrialisation. Les projections avancées par les promoteurs du projet tablent sur des retombées économiques importantes à long terme.
Les volumes de cacao transformé et exporté pourraient fortement progresser dans les prochaines années. Les estimations évoquent également la création d’au moins 50 000 emplois directs et de près de 150 000 emplois indirects à l’horizon 2040. La BAD indique par ailleurs que son implication ne se limite pas à la structuration financière. L’institution affirme qu’elle apportera également un accompagnement technique au projet, avec un appui aux capacités locales et l’intégration de normes liées à l’efficacité énergétique, à la gestion durable des ressources et à la résilience climatique.







