Plus de 400 millions FCFA. Le montant peut paraitre modeste au regard du chiffre d’affaires global du secteur des télécoms. Mais, il revêt une portée symbolique importante : l’effectivité du rôle de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC) comme dépositaire des fonds consignés. Mais aussi, la montée en puissance progressive de cette institution dans l’écosystème financier national. Le partenariat entre MTN Cameroon et la CDEC, formalisé, le 25 février 2026 à Yaoundé, a en effet été marqué par le transfert effectif d’un montant de 400 millions de FCFA, représentant les cautions versées par les abonnés et partenaires de MTN Cameroon, dans le cadre de ses activités. Pour la CDEC, chaque opération de ce type contribue à renforcer sa capacité d’intervention à moyen et long termes. Les ressources collectées pouvant être mobilisées, conformément à son mandat, pour soutenir des investissements structurants ou sécuriser certains engagements publics.
En application stricte de la Loi de 2008 et du décret de décembre 2023, MTN Cameroon devient ainsi l’un des premiers grands acteurs privés à transférer la gestion des cautions et dépôts de garantie de ses abonnés vers cette institution publique de confiance. Ce transfert de fonds ne se limite pas à une mise en conformité réglementaire ; il s’agit d’une avancée concrète vers une transparence totale et une sécurisation accrue des avoirs des usagers. Pour MTN, cet engagement renforce sa réputation de bon citoyen corporate, tandis que pour la CDEC, cet accord confirme son rôle de pivot dans la collecte et la protection des ressources financières dévolues à l’État. En garantissant une traçabilité sans faille, cette convention pose les jalons d’une nouvelle ère de gouvernance financière où la protection de l’épargne et des garanties devient un moteur de confiance pour l’économie numérique nationale.
Une évolution dans la gouvernance des opérateurs télécoms
Pour les opérateurs des télécoms, cette dynamique marque un tournant en matière de gouvernance financière. Les cautions, autrefois conservées en interne, sont désormais soumises à un cadre plus strict, réduisant les risques liés à leur gestion et améliorant la transparence vis-à-vis des régulateurs et des partenaires. Dans un contexte où la régulation du secteur des télécommunications se renforce, notamment en matière de protection des consommateurs et de sécurisation des transactions, ce transfert apparaît comme une étape logique dans la normalisation des pratiques.
La question reste désormais de savoir si d’autres acteurs du marché suivront le même chemin. Si tel est le cas, la CDEC pourrait voir croître significativement les volumes de fonds consignés provenant du secteur privé, notamment des télécoms, de l’énergie ou encore des services financiers. Au-delà du montant transféré, l’enjeu est institutionnel : il s’agit d’asseoir durablement la centralisation des cautions et dépôts réglementés dans un circuit formel et sécurisé, contribuant à la crédibilité du système financier camerounais.
En rappel, la CDEC a pour mission de recevoir, conserver et sécuriser les fonds issus des consignations administratives, judiciaires ou contractuelles. Les cautions d’abonnés notamment dans les télécommunications entrent dans ce champ lorsque la réglementation impose leur cantonnement auprès d’un établissement public dédié.







