Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey a officiellement lancé Le 20 février 2026 à Yaoundé, les quatre projets pilotes du partenariat entre le Cameroun et la CAFI, une initiative qui vise à contribuer à la mise en œuvre de la SND30 et des ODD 30 en abordant les défis du changement climatique, de la déforestation et de la dégradation des terres.
« Notre pays s’est engagé sur une voie ambitieuse, celle d’une économie verte, inclusive et compétitive, respectueuse de nos forêts et de nos écosystèmes », a déclaré le Minepat devant les partenaires techniques et financiers réunis à Yaoundé. Rendre les chaînes de valeur agricoles, forestières et minières compétitives sur les marchés internationaux, tout en réduisant significativement la déforestation et en renforçant la sécurité alimentaire.
UNE INGÉNIERIE INSTITUTIONNELLE À QUATRE PILIERS
La phase de démarrage 2025–2028 s’appuie sur quatre projets complémentaires dotés d’un financement global d’environ 33,2 milliards de FCFA, soit près de 60 millions de dollars.
Le premier, le Projet d’appui à la coordination intersectorielle et multi-niveaux, (PCIM), constitue l’ossature institutionnelle du dispositif. Mis en œuvre conjointement par le Programme des Nations Unies pour le Développement et la GIZ, il bénéficie d’une enveloppe de 9,5 milliards FCFA soit 17,26 millions de dollars pour la période 2025– 2028. Sa mission consiste à harmoniser l’action des administrations, structurer le dialogue entre ministères et assurer la cohérence stratégique de l’ensemble du partenariat.
Le deuxième projet, le Projet pilote d’appui à l’intensification durable de l’agriculture et à la transition agroécologique (Paidata), est porté par le Fonds International de Développement Agricole (Fida). Doté d’un budget d’environ 12 milliards FCFA (21,9 millions de dollars), il est déployé depuis 2024 et s’étendra jusqu’en 2027. L’intervention cible directement les exploitations agricoles afin de promouvoir des pratiques plus productives et moins consommatrices d’espaces forestiers. L’agriculture extensive étant responsable de plus de 60% de la déforestation nationale, la modernisation des systèmes de production s’impose comme un levier à la fois économique et environnemental.
Troisième pilier, le Projet de gestion intégrée du paysage du Grand Mbam (PGIP-GM), financé à hauteur d’environ 11 milliards FCFA par la Kfw, sera mis en œuvre sur une durée de 48 mois, de 2026 à 2029. À l’échelle de ce territoire, il doit démontrer qu’une gestion intégrée peut concilier production, conservation et développement local, et que l’exploitation durable des ressources naturelles peut générer des revenus tout en stabilisant les écosystèmes.
Enfin, le Projet de renforcement des capacités en matière d’aménagement du territoire (Prcat), mis en œuvre par la GIZ, dispose d’un financement d’à peu près 4 milliards FCFA. Il vise à consolider les outils juridiques et techniques d’aménagement, à accompagner l’élaboration des plans locaux d’affectation des terres et à appuyer le développement de la méthodologie du troisième Inventaire forestier national. « Il sera question de stopper et d’inverser la perte de forêts, de compenser les pertes résiduelles par la régénération naturelle et de préserver les zones humides et tourbières », a souligné le Minepat.
COORDINATION ET PERFORMANCE COMME CONDITION DE SUCCÈS
Le partenariat repose sur une logique progressive et fondée sur la performance. Les résultats obtenus au cours de cette phase pilote détermineront l’ampleur des financements futurs. L’enjeu dépasse la seule préservation environnementale. Il s’inscrit dans la transformation structurelle de l’économie nationale, conformément à la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, avec pour axes prioritaires la modernisation agricole, la valorisation durable des ressources forestières et le renforcement des capacités institutionnelles.
L’objectif est de générer de l’emploi rural, d’améliorer les revenus et de réduire la pauvreté dans les territoires forestiers. Le ministre recommande une coordination transparente, engagement des collectivités, investissements responsables du privé, et vigilance proactive de la société civile et des chercheurs. « Avec CAFI et nos partenaires, nous ferons de la forêt du Bassin du Congo un bien commun mondial dont l’exploitation responsable contribuera à la stabilité écologique de la planète », a conclu le Minepat en déclarant officiellement lancée la phase de démarrage.






