Selon les informations communiquées par l’entreprise, cette levée de fonds conclut un processus engagé de longue date mêlant structuration administrative, juridique et financière. Elle s’accompagne d’une refonte de la gouvernance avec installation d’un conseil d’administration et d’un board conformes aux standards internationaux.
L’opération est conduite avec l’appui d’institutions financières actives dans la région, dont Afriland First Bank, BICEC, Access Bank, Bange Bank, Seronav SA et Orange Money. Le capital devient ainsi accessible à de nouveaux investisseurs éligibles, dans une logique d’élargissement de l’actionnariat et de mobilisation de ressources privées à grande échelle.
Cette augmentation s’inscrit dans le cadre du programme World Dream Investment, dispositif financier annonçant un droit de tirage de 10,7 milliards de dollars, soit environ 6 500 milliards de francs CFA, destiné au financement de projets structurants. Pour les observateurs du financement du développement, l’enjeu dépasse le cas d’une entreprise.
La direction d’Impex Trading affirme que les fonds nécessaires au projet sont mobilisés depuis près d’une décennie et que leur déploiement a exigé le respect des normes financières de la zone CEMAC ainsi que de la réglementation camerounaise. L’entreprise indique avoir obtenu l’ensemble des validations nécessaires, notamment de la Banque des États de l’Afrique centrale, après signature d’une convention d’investissement et finalisation d’un accord tripartite avec l’État.
D’après la société, cette conformité progressive a contribué à renforcer l’intérêt des banques commerciales désormais désireuses de participer au financement. Sur le terrain industriel, la montée en puissance du programme se traduit déjà par des engagements contractuels. Le 4 décembre 2025 à Douala, Impex Trading a signé une convention de partenariat de 300 milliards de francs CFA avec Génie Building.
L’accord prévoit une intégration renforcée d’entreprises locales dans la réalisation des infrastructures liées au programme WDI. Pour Impex Trading, cette enveloppe représente un levier direct sur l’emploi, la formation technique et la consolidation d’une filière nationale de travaux publics capable d’intervenir sur des chantiers de grande envergure. Junior Abraham Ngosso, directeur général de l’entreprise et vice-président du comité interministériel de facilitation du programme Ndollè City, estime que l’impact attendu dépasse la seule dimension immobilière. Il évoque un effet sur l’ingénierie locale, la transmission d’expertise et la substitution progressive aux prestations importées, y compris dans les services techniques et l’accompagnement des projets.
Les responsables du programme WDI avancent des projections ambitieuses à l’échelle macroéconomique. Selon Foka Gilles Herman, vice-président exécutif coordinateur, Ndollè City pourrait générer jusqu’à deux millions d’emplois et attirer cinq millions de touristes à terme. Plus de 5 300 entreprises étrangères seraient déjà recensées comme partenaires potentiels, un chiffre présenté comme un indicateur de l’exposition internationale attendue pour les entreprises camerounaises impliquées.
Au-delà des annonces, la levée de 180 milliards de francs CFA agit comme un test grandeur nature pour le financement privé des mégaprojets nationaux. Dans un contexte où les États africains cherchent à diversifier leurs sources de capitaux, la réussite de cette opération pourrait renforcer la crédibilité du Cameroun auprès des investisseurs internationaux et illustrer la possibilité pour des groupes locaux de porter des projets urbains et industriels de dimension globale.







