Dans une interview publiée dans le magazine officiel du ministère des Finances (2024/2025), Marie Rose Messi, directrice générale de la Société de recouvrement des créances, a dressé un état des lieux précis du portefeuille résiduel de créances à recouvrer. « Au 31 décembre 2024, le portefeuille résiduel des créances à recouvrer en matière bancaire et commercial est de FCFA 584 milliards.
En ce qui concerne les créances issues des condamnations pécuniaires au profit de l’Etat et de ses démembrements, le solde restant à recouvrer pour les décisions de justice exécutées est de FCFA 194 milliards », at-elle déclaré. Marie Rose Messi affiche néanmoins sa confiance dans la capacité de l’entreprise qu’elle dirige à relever ce défi colossal. « Nous restons convaincus que, grâce au déploiement de la SRC, dotée de ses nouveaux attributs, adossée à sa réorganisation telle que voulue par le Chef de l’État et avec l’accompagnement des autorités publiques, le taux de recouvrement sera significativement amélioré », a-t-elle assuré.
Mais le rapport 2024 de la Commission nationale anti-corruption (Conac) sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun tempère cet optimisme. Sur un total de 90,7 milliards de FCFA de condamnations pécuniaires prononcées en faveur de l’État, la SRC n’a encaissé que 5,2 milliards de FCFA, soit un taux de recouvrement limité à 5,8 %.
Près de 85,4 milliards de FCFA restent ainsi à récupérer, correspondant à 19 décisions de justice rendues par le Tribunal criminel spécial et la Cour suprême. Dans la même veine, le dernier rapport de la Chambre des comptes couvrant la période 2018- 2022 met en évidence des anomalies dans le circuit de reversement des fonds collectés.
La juridiction financière relève que la société n’a pas systématiquement transféré au Trésor public les sommes perçues pour le compte de l’État. Le document précise qu’au 31 décembre 2022, la SRC détenait encore 14,121 milliards de FCFA correspondant à des fonds recouvrés dans le cadre de conventions signées avec le ministère des Finances.
À ce montant s’ajoutaient 107,127 millions de FCFA issus de condamnations pécuniaires, également conservés par la société.







