Seize ans après son lancement, le programme public de construction de 10 000 logements sociaux et d’aménagement de 50 000 parcelles constructibles n’a toujours pas atteint la moitié de sa cible. Les données communiquées par le ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (Minhdu) indiquent que seuls quelques milliers de logements ont été livrés, alors même que les besoins continuent de croître dans les grandes villes. Le projet comprenait une phase pilote de 1 675 logements.
D’après les données communiquées lors de la remise de clés organisée le 12 février 2026 à Mbanga Bakoko à Douala par le ministère de l’Habitat, « le total des logements achevés dans la phase pilote [s’élève] à 1 130 sur 1 675 prévus ». Sur ce site précis, « 670 logements sont déjà livrés, avec 40 supplémentaires attendus d’ici mars et 30 autres en avril », ont indiqué les responsables du programme.
Cet échec, la ministre de l’Habitat Célestine Ketcha Courtès ne l’assume pas. Le département ministériel qu’elle dirige tente même de s’en départir. Selon les services de communication dudit ministère, « à son arrivée en 2019, seuls 420 logements étaient achevés depuis le lancement du projet pilote en 2009 ». Elle a assuré que « les remises de clés sont devenues régulières », évoquant « la contractualisation de nouvelles entreprises et des avancées sur la délivrance des titres fonciers, présentées comme une priorité pour 2026 ».
Sur le terrain, la perception reste plus critique. Dans les grandes agglomérations, la rareté et le coût des logements dits sociaux alimentent les frustrations. « Il n’y a pas de logements sociaux au Cameroun. Ce qu’on appelle “logements sociaux” est inaccessible aux citoyens camerounais moyens. Ce sont les hauts fonctionnaires qui habitent dans les camps SIC. Car les coûts sont élevés et ils sont d’ailleurs rares », observe Sylvain, étudiant interrogé.
Selon les chiffres officiels rappelés par le ministère de l’Habitat et du Développement urbain, le Cameroun accuse « un déficit d’environ 2,5 millions de logements sociaux ». Le même ministère estime également « à plus d’un million d’unités le déficit à combler en matière de logements, avec une croissance annuelle de 10% »







