Le climat des affaires au Cameroun vient de recevoir un signal positif de la part du Ministre des Finances. Par un communiqué radio et presse daté du 26 janvier 2026, le Ministre des Finances (MINFI) a annoncé que les dispositions de la Loi de Finances 2026 reconduisent, en les améliorant, les facilités de paiement des dettes fiscales. Une décision qui s’inscrit dans la continuité des réformes entamées en 2024.
La principale innovation de cette année est l’extension du champ d’application. Alors que les précédentes mesures étaient plus restrictives, la transaction spéciale s’étend désormais aux dettes fiscales émises jusqu’au 31 décembre 2023. Cette décision ne se limite pas à une simple prolongation calendaire. Le législateur a également procédé à une révision à la hausse des taux d’abattement, notamment pour les dossiers les plus complexes, montrant ainsi une volonté de l’État de solder définitivement les vieux contentieux qui encombrent les tiroirs de l’administration.
LE DÉTAIL DES MESURES : QUI GAGNE QUOI ?
Le dispositif est segmenté pour répondre à la diversité des situations critiques rencontrées par les opérateurs économiques et les entités publiques. Sur le front judiciaire, la priorité est au déblocage des situations pendantes. Ainsi, pour les contribuables dont les dossiers sont actuellement devant les Tribunaux Administratifs ou la Cour Suprême, l’État propose un abattement exceptionnel de 80 %. L’objectif est clair : désengorger les tribunaux et permettre aux entreprises de sortir de l’incertitude juridique en échange d’un paiement du reliquat (20 %) sur une période maximale de 6 mois.
Concernant le secteur public et parapublique c’est une véritable bouffée d’air frais qui est promise aux collectivités territoriales décentralisées et autres entités publiques concernées. Les mairies (CTD) et les entreprises d’État traînent souvent de lourds arriérés. Pour ces entités, un abattement de 60 % est accordé sur les arriérés non contestés, avec un étalement de paiement généreux sur 12 mois. Quant au secteur privé on peut considérer que la main tendue du ministre des Finances est un véritable soutien à la compétitivité. Pour leurs arriérés non contestés, elles bénéficient d’une réduction de 50 % de la dette, également étalable sur un an.
UNE STRATÉGIE DE « GAGNANT-GAGNANT »
Si cette mesure ressemble à un cadeau fiscal, elle est en réalité une stratégie de recouvrement pragmatique. Pour l’État, il vaut mieux recouvrer 20 % ou 50 % d’une créance rapidement que de maintenir 100 % d’une dette « pourrie » que l’entreprise ne pourra jamais payer. Pour les chefs d’entreprises, c’est l’occasion de nettoyer leurs bilans comptables, d’améliorer leur notation auprès des banques et de retrouver une capacité d’investissement. En période de pression inflationniste, cette réduction de la charge fiscale est un levier de compétitivité non négligeable.
LA DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS EN PREMIÈRE LIGNE
Le Ministre Louis Paul Motaze précise que ces avantages ne sont pas automatiques. Les contribuables doivent manifester leur intérêt en introduisant une demande formelle auprès du Directeur Général des Impôts (DGI). L’administration fiscale se dit prête à « accompagner de façon permanente » les usagers dans cette démarche. Le message est on ne peut plus clair : la main est tendue, mais il appartient aux redevables de la saisir avant que les procédures de recouvrement forcé ne reprennent leur cours normal.







