Volte-face : Jean Jacques Ekindi de retour au palais des Congrès

Le chasseur de Lion est revenu sans bruits sur sa décision de ne plus participer aux travaux.

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retour de Jean Jacques Ekindi

Les travaux du Grand dialogue national se sont poursuivis au 3ème jour avec la présence de Jean Jacques Ekindi. Le président national du Mouvement patriotique (Mp) est revenu sur sa décision de boycotter les travaux, sans bruits. « J’étais déjà à Douala, je suis revenu ce matin, j’ai rencontré le Premier ministre ce matin, je lui ai fait part de mes inquiétudes. Il en a convenu. Nous avons constaté qu’on ne pouvait plus défaire ce qui était déjà fait. Alors il faut peut-être améliorer. Ce que je lui ai suggéré, c’est qu’après la réunion finale, qu’il annonce la création pour la paix et la mise en place des résolutions du dialogue ; et que les missions confiées à cette commission soient également des missions de paix. Qu’il ne soit plus question qu’on est venu parler du bilinguisme. A ce moment-là, j’étais rassuré », justifie-t-il son retour. Et George Ewane, le porte-parole du Grand dialogue national, ne s’est pas privé d’une occasion de se moquer de la presse. « Jean Jacques Ekindi est revenu en salle. Il a intégré la commission N°5. Vous qui avez publié qu’il a claqué la porte-là. C’est une bonne réplique pour vous. Allez maintenant écrire qu’il est revenu », a-t-il informé, alliant blague et moquerie. « Est-ce que vous nous aviez d’abord informé qu’il était parti », a repris un journaliste, sous un ton amical et blagueur. Et un autre d’ajouter : « Il a eu ce qu’il voulait, et est revenu ».

La presse attendait impatiemment la justification de sa décision prise hier, de se soustraire des travaux. En effet, le Chasseur de Lion avait promis de donner les raisons de son choix ce jour. « Je suis venu à Yaoundé pour la paix, mais j’ai eu l’impression qu’on ne parlait pas de la paix car la paix consiste en. Nous voyions la reconstruction, le bilinguisme, le vivre-ensemble, or la paix consiste en la l‘arrêt du conflit, l’arrêt des hostilités. Ne voyant rien transparaître de cela, cette inquiétude se renforçait surtout que dans les commissions, on contraignait les participants à s’en tenir aux termes de références retenus. Et dans ce dossier qu’on nous a remis, il n’y avait pas la paix. Je ne voyais donc pas ce que je suis venu faire dans ce dialogue. Je suis un adepte de la paix, je suis venu à Yaoundé parler de la paix et si je ne peux pas parler de la paix, je n’ai plus ma place ici. Je suis donc parti”, explique-t-il. “Mais je n’ai pas claqué la porte comme certains journalistes ont dit. Je n’ai appelé aucun journaliste pour signaler mon départ. Je suis parti discrètement parce que je n’avais plus rien à faire”, assure le nouveau artisan du Dialogue version Biya. “Le premier ministre qui est l’organisateur de ce dialogue, étant informé de cela m’a téléphoné, j’étais déjà à Douala, et il a demandé que je le rencontre », indique-t-il. L’homme a changé d’avis. « Le dialogue ne s’arrête pas, il se poursuivra par cette commission. Et si la paix revient un jour, ce que nous souhaitons, on pourra maintenant appeler un grand dialogue qui pourra apaiser tout le monde, puisqu’il viendra proclamer la paix. Mais entre ces deux moments, il faudra qu’on continue de travailler sur la paix. Ma crainte était qu’on vienne parler de problèmes qui peuvent se régler de manière institutionnelle », insiste-t-il.

C’est le seul et le dernier des quatre opposants qui ont jeté l’éponge depuis le premier jour. Avant le Chasseur de Lion, Akere Muna, Alice Sadio et Célestin Bédzigui avait déjà pris la clé des champs. Tous contestent un match joué d’avance. Les sujets et les commissions ayant été arrêtés par Paul Biya l’initiateur des travaux, et le Premier ministre, président du Dialogue. Et surtout, le point de discorde est le refus d’élargir le champ de réflexion aux thèmes non inscrits à l’ordre du jour, notamment la forme de l’Etat.

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