Vision 2035 : Les sept attentes des populations de l’est

Elles souhaitent notamment que l’Etat limite l’importation des denrées alimentaires produites localement, développe les filières techniques afin d’augmenter l’employabilité des jeunes de cette région.

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La délégation conduite par le directeur général de l’Economie et de la Programmation des Investissements Publics, au ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Isaac Tamba, n’était pas en villégiature le 14 mars dernier à Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est. Il y est allé recueillir les attentes et suggestions des populations de la région du soleil levant, au sujet de la mise en oeuvre de la deuxième phase de la Vision 2035. Ainsi, au cours d’un échange avec les participants à ces travaux, ceux-ci ont formulé environ sept attentes. Ils souhaitent avant toute chose, « être impliquées aux processus de conception et de mise en oeuvre des projets et programmes de développement en leur faveur », ont-ils fait savoir au DGE. Bien plus, les populations de l’Est ont émis le besoin de : « s’approprier la stratégie nationale de développement au titre de la seconde phase de la Vision 2035, en vue de participer à sa mise en œuvre au niveau local ».

Par ailleurs, bien au fait des dégâts causés par les importations à la fois sur les devises que sur l’économie nationale, les participants ont souligné que le développement du secteur agricole dans la région nécessite des mesures gouvernementales fortes visant à encourager la consommation locale et limiter la présence des produits importés. En particulier, elles suggèrent « d’interdire l’importation des denrées alimentaires produites localement (riz, poisson, maïs…) », car estiment-elles, l’importation effrénée de ces produits, obèrent toute capacité locale de production. Et ce d’autant plus que la région dispose d’énormes atouts en la matière. L’on sait par exemple qu’avec la mise en service du barrage hydroélectrique de Lom Pangar, la capacité de production du poisson a augmenté, à tel point que les produits issus de la pêche sont même vendus dans certains pays voisins comme le Nigeria.
Dans le même sens, selon les experts d’Electricity Development Corporation (EDC), l’activité de pêche (essentiellement artisanale) dans la retenue d’eau de Lom Pangar est capable de produire 1 500 tonnes de poissons pour des revenus annuels estimés à environ 40 milliards de francs CFA. Des ressources qui pourraient considérablement améliorées les conditions de vie de ces populations, à en croire les mêmes experts. Ceci est d’autant plus nécessaire quand on sait que c’est en moyenne 100 milliards de francs qui sont mobilisés chaque année pour l’importation du poisson. Sans oublier ses effets pervers à la fois sur la balance commerciale que les réserves de change.

Privilégier la transformation du bois

Pour résoudre définitivement ce problème, les populations de souhaitent par exemple que le gouvernement, « renforce le processus de transformation locale du bois, avec une implication effective des acteurs nationaux de la région ». Dans la même perspective, l’autre voeu formulé par les interlocuteurs de la région au gouvernement, est celui de « développer des filières techniques et de formation professionnelle, en lien avec les besoins de l’économie locale », parce que, ont-ils insisté, cela « contribuera à augmenter l’employabilité des jeunes de la région ».

En outre, en tant que région témoin des projets d’exploitation miniers et forestiers, les populations de l’Est voudraient que « la problématique de développement durable et de préservation de l’environnement doit être au centre de tout processus de conception et d’exécution des projets et programmes de développement dans la région ».

Par Junior Matock

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