UPC : Bapooh Lipot défie la justice

L’ancien député de l’union des Populations du cameroun n’entend pas respecter la décision du tribunal administratif du centre, qui le démet de son poste de secrétaire général de cette formation politique.

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Bapooh lipot en rebellion contre la justice

Bapooh Lipot ne digère pas de perdre son poste de secrétaire général de l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Il y’a quelques jours, et malgré la décision de justice qui le déboute du poste qu’il occupait au sein de cette formation politique, l’ancien député a affirmé qu’il est toujours le secrétaire général de l’UPC. « Le 30 septembre 2012, au palais de Congrès de Yaoundé, j’ai été élu secrétaire général de l’Union des Populations du Cameroun dans un congrès statutaire dont la légalité et la légitimité n’ont jamais été contestées. A ce titre, j’assumerai toujours mes fonctions jusqu’à ce que les militants et militantes de l’UPC, dans un autre congrès statutaire légal, me retirent cette confiance », soutient-il. Joint au téléphone samedi dernier, l’actuel Président du Conseil d’Administration de la Société de Recouvrement des Créances (SRC) n’a pas voulu dire s’il a interjeté appel ou non. Il a plutôt montré une détermination sans conteste, à demeurer au poste qu’il a occupé depuis plus de 8 ans. Se projetant déjà dans l’avenir, il a invité ses adversaires à venir le challenger lors du prochain congrès. « Permettez-moi d’ailleurs d’inviter ces dissidents (la branche Baleguel Nkot) à venir prendre légalement et légitimement ma place lors du prochain congrès légal et statutaire de l’UPC qui se tiendra en 2021. En attendant je demande aux militants et sympathisants de l’UPC de redoubler de vigilance et de fermeté ».

Héritier d’Augustin Frederick Kodock, Bapooh Lipot considère la faction de l’UPC dirigée par son rival Baleguel Nkot comme dissidente et l’accuse de saper l’héritage politique de celui qui l’a moulé sur le plan politique. Le 13 juillet dernier, le Tribunal Administratif de la région Centre avait rendu sa décision sur l’affaire de l’UPC, qui opposait Baleguel Nkot au Ministre de l’Administration Territoriale (Minat). Dans l’expédition de l’ordonnance du sursis, rendue le 10 juillet 2020, le tribunal a suspendu les effets de la décision prise le 17 juillet 2018 par le ministre de l’Administration Territoriale faisant de Robert Bapooh Lipot secrétaire général de l’UPC. Un verdict qui réhabilite Pierre Baleguel Nkot au poste de secrétaire général de l’UPC pour lequel il avait été élu lors du dernier congrès.

Il faut noter que c’est depuis plusieurs années que le parti des crabes est secoué par les batailles internes de leadership. La direction de cette formation politique est notamment disputée par trois personnalités (Robert Bapooh Lipot, Habiba Issa, Pierre Baleguel Nkot). Ces batailles se sont cristallisées à la veille de la dernière élection présidentielle de 2018. Lors des élections législatives et municipales de février dernier, toutes les listes de l’UPC ont été rejetées, au motif que le parti avait présenté deux listes différentes dans toutes les circonscriptions où il a postulé.

La guerre continue

Avec cette position de Robert Bapoh Lipot, l’on est loin de penser que les dissensions au sein de l’UPC vont prendre fin dans les prochains jours. Si ces batailles continuent, le parti historique qui ne dispose plus d’élus que ce soit à l’Assemblée Nationale que dans les mairies, verra sa descente aux enfers se poursuivre. Ce d’autant plus que les représentants des différentes branches semblent déterminés à maintenir leur position. Le parti de Um Nyobe a pourtant intérêt à se réconcilier, s’il ne veut pas voir son sort définitivement scellé lors des élections régionales qui s’annoncent.

Par Joseph Essama

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