Tribunal criminel spécial : Mebe Ngo’o craque et demande l’annulation de la procédure

La défense de l’ex Mindef a botté en touche l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction près dudit tribunal.

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Edgard Alain Mebe Ngo’o n’a pas supporté la pression du tribunal et estimé que sa famille avait été « jeté en pâture» dans les affaires qui le conduisent devant les tribunaux aujourd’hui. Dans la mesure où il a été présenté, en compagnie de certains membres de sa famille, comme des voleurs de la République. Sur la base des enquêtes préliminaires qui ont conduit à son arrestation, ainsi que celle de son épouse Bernadette le 8 mars 2017. Dénonçant le risque de décès qu’il a subi lors des émeutes qui ont secoué la prison principale de Yaoundé-Kondengui en juillet 2019, avec l’agression à laquelle il a échappé, ainsi que l’incendie qui a dans la foulée rasé une partie des cellules Vip du pénitencier dont sa cellule. L’ex tout puissant ministre des la Défense (Mindef) rejette l’ordonnance de renvoi du juge.

Et c’est la défense de Mebe Ngo’o qui est montée au créneau pour battre en brèche le contenu de l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction. Mes Charles Nguini et Claude Assira ont enflammé le prétoire ce 28 décembre 2020 dans des exceptions soulevées. Lesquelles tendent à l’annulation pure et simple de la procédure. Me Nguini a évoqué l’article 184 (6) du Code pénal qui dispose que « le présent article n’est pas applicable aux détournements ou recels d’effets militaires visés au Code justice militaire », parlant de son client, l’accusé Ghislain Mboutou Elle, officier supérieur des armées et coaccusé de Mebe Ngo’o. Le défenseur a déploré la banalisation du soldat, du haut de son rang au sein des forces armées camerounaises. Colonel de son état et jadis chef du Secrétariat militaire adjoint, sans pouvoir réel. L’ex bâtonnier a demandé que son client soit renvoyé devant un tribunal militaire pour compétence. Concernant les marchés publics imputés au colonel déchu, l’avocat a convoqué le décret de 2004 portant Code des marchés publics, notamment en sa section 3 sur les Marchés spéciaux. Lesquels concernent spécifiquement la sécurité de l’Etat, la défense nationale, dérogation de gré à gré, et donc en dehors de toute commission.

Me Assira qui a pris le relais dans la même verve. Remonté contre l’ordonnance de renvoi, le conseil de Maxime Mbangué, un autre coaccusé de Mebe Ngo’o, ex inspecteur des régies financières, « a été obligé, à son corps défendant, de s’auto inculper ». Evoquant la commission rogatoire internationale envoyée en France, Algerie, Maroc et en Belgique en octobre 2019 sur les faits querellés. Bref, Me Assira a convoqué les traités internationaux auxquels l’Etat du Cameroun a souscrit et la constitution de 1996 pour demander au tribunal d’ordonner la nullité de la procédure.

L’affaire Ministère public et Etat du Cameroun (Minfi) contre Edgard Abraham Alain Mebe Ngo’o et autres, est pendante devant le collège des juges du Tribunal criminel spécial (Tcs) depuis le 28 septembre 2020. Après les préalables et la mise en forme du dossier de procédure, les débats au fond ont commencé. Les accusés Mebe Ngo’o, ancien Mindef, Mbangué Maxime, Mboutou Elle, Menye Victor Emmanuel, cadre supérieur de banque et dame Minla Nkoulou Bernadette épouse Mebe Ngo’o, chef d’entreprise, sont accusés de coaction de détournement de biens publics en complicité, corruption, blanchiment des capitaux, violation du Code des marchés publics. Il leur est imputé, ensemble et de concert, le détournement présumé de plusieurs milliards de francs Cfa au préjudice de l’Etat du Cameroun, représenté par le Minfi. Même si rien n’indique le montant réel imputé à chacun des membres du « gang » que redoute l’Etat du Cameroun. Lesquels bénéficient encore du bénéfice de la présomption d’innocence tel que prescrit par l’article 8 du Code de procédure pénale.

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