Traitement du coronavirus : L’Académie des sciences favorable à la chloroquine, mais avec restrictions

Les scientifiques nationaux accordent des vertus thérapeutiques à ce médicament au centre d’une polémique mondiale.

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« Il y a deux jours la Food and drug administration aux Etats-Unis a conseillé un package comprenant la chloroquine pour soigner le coronavirus. Je dois avouer que dans les soins des deux premiers patients guéris ici, il y avait la chloroquine. Et dans beaucoup d’autres pays, on utilise la chloroquine pour soigner cette maladie », a confessé le Pr Jean-Claude Mbanya, membre du collège des sciences biologiques de l’Académie des sciences du Cameroun (Asc). Et l’homme qui est en service à l’hôpital central de Yaoundé de rappeler que « la molécule de chloroquine est connue depuis les années 1960. On l’utilisait comme contre le paludisme. Mais à un moment donné, le gène du paludisme est devenu résistant à cette molécule ». La communauté scientifique s’est donc mise à chercher des palliatifs. Et « la Chine était d’ailleurs la première à se mettre à l’Artemeter et ça a marché. Mais la chloroquine n’avait pas totalement été abandonnée», souligne-t-il. En référence à ce pays foyer de la pandémie qui a déjà décimé des dizaines de milliers de personnes actuellement dans le monde, et qui aujourd’hui a pu juguler le mal en interne, au point de voler déjà au secours d’autres pays, y compris de grandes puissances économiques et militaires.

Les sceptiques ont-ils la caution des scientifiques nationaux pour se ruer vers ce médicament objet d’une guerre entre scientifiques médicaux et firmes pharmaceutiques à travers le monde, avec comme chef de file des partisans le Dr Didier Raoult. Ce Français qui a expérimenté avec succès des molécules d’hydrochloroquine (molécule quasi-identique à celle de chloroquine) sur des patients testés positifs, en six jours. L’heure est à la prudence. « J’ai bien dit que la chloroquine fait partie d’un package. Ce qui signifie que ce médicament n’est pas pris individuellement contre le Covid-19», recadre le Pr Jean Claude Mbanya. Mieux, « il faut savoir que ce médicament est utilisé simplement parce qu’on se trouve dans une situation d’urgence et comme la chloroquine agit sur le virus et qu’après un temps le patient devient séronégatif, ce qui semble donner une certaine satisfaction, on se dit ‘’pourquoi pas ?’’. Sinon en situation régulière, la règle prévoit d’abord des essais cliniques avant d’adopter comme médicament à prescrire aux patients », explique-t-il. Plus important, « il faut a priori savoir que l’hydrochloroquine ne se prend pas en prévention. Seules les mesures hygiéno-diététiques sont appropriées pour la prévention », prévient le Pr Mbanya.

Les premiers médicaments se trouvent dans les repas

Sur le terrain, le médicament n’est plus commercialisé qu’aux patients présentant une ordonnance médicale fiable. Les premières informations circulées ayant occasionné une ruée vers ce « médicament fossile » que les populations ont acquis en prévision. En attendant, l’Académie des sciences du Cameroun « appelle les populations à tenir compte des conseils et des informations du gouvernement et des scientifiques et à ne pas se laisser berner par la propagande sociale et d’autres médias sur les mesures préventives ou curatives fausses ou potentiellement dangereuses». C’est que « tout est dit, à tort ou à raison, mais le plus simple consiste à respecter les mesures d’hygiène et de distanciation autant que possible », plaide le Pr Jean-Emmanuel Pondi, membre du collège des sciences sociales de l’Asc. D’ailleurs, en matière curative, «le médicament se trouve dans nos assiettes à la maison. Nous devons consommer des aliments complets. Et pour ce qui est du Covid-19, la consommation de citron est un plus car c’est un puissant antioxydant », cite-t-elle.

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