Sylvester Moh Tangongho: « les émissions des OTA ont été très satisfaisantes »

Le directeur général du Trésor, évoque les raisons de la réussite de l’opération des émissions des Obligations du Trésor Assimilables que l’Etat vient de boucler sur le marché monétaire.

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« Les résultats ont été très satisfaisants »

Monsieur le directeur général du Trésor, l’Etat vient de boucler des émissions des Obligations du Trésor Assimilables sur le marché monétaire. Comment appréciez-vous le résultat obtenu ?

Dans le cadre de la mise en œuvre du programme des émissions des titres publics pour le compte du 2e trimestre 2019, il était prévu outre l’émission des Bons du Trésor pour 20 milliards, les Obligations du Trésor Assimilables (OTA) pour 150 milliards. En ce qui concerne les OTA, le montant total à lever était structuré en trois émissions successives de 50 milliards chacune pour des maturités de 3 ans, 4 ans et 5 ans. Conformément au calendrier des adjudications organisées par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) à savoir tous les mercredis, les trois émissions des OTA ont été organisées respectivement, les 22 et 29 mai pour les deux premières et le 12 juin pour la dernière émission.

Les résultats obtenus au terme de ces émissions ont été très satisfaisants : d’abord par le taux de couverture de près de 120 %. Pour 150 milliards sollicités, les Spécialistes en Valeurs du Trésor ont souscrit pour plus de 175 milliards. Ce qui traduit la bonne qualité de la signature de l’Etat. Ensuite, par rapport aux taux d’intérêts de sortie obtenus pour chacune des émissions soit respectivement 4 % ; 4,85 % et 5,9 % pour les obligations de 3 ans, 4 ans et 5 ans. Ces taux sont inférieurs à la moyenne sur le marché et meilleurs que ceux obtenus sur les emprunts obligataires. Le dernier motif de satisfaction et non le moindre est que ce coup d’essai a été un véritable coup de maître, car c’est la toute première fois qu’un tel volume de ressource est mobilisé sur le marché monétaire.

Pourquoi avez-vous retenu plus que le montant sollicité ?

Pour l’ensemble de ces émissions, nous avons finalement retenu 174 milliards. Nous avons retenu ce montant parce que nous disposons encore d’importantes marges par rapport au plafond de 260 milliards fixé par la loi de finances initiale. Bien plus, l’ordonnance du 29 mai 2019 a relevé ce plafond à 350 milliards. En ce qui concerne le rythme d’endettement, il est conforme à la stratégie nationale d’endettement. C’est le lieu ici de rappeler que le taux d’endettement du Cameroun est inférieur à 35 % de son Produit Intérieur Brut (PIB) tandis que la norme communautaire en la matière est de 70 %. Donc l’Etat dispose encore des grandes marges d’endettement pour financer son développement et améliorer les conditions de vie des citoyens.

Quelle garantie a-t-on que l’argent mobilisé sera réellement affecté aux

projets identifiés ?

En ce qui concerne l’affectation des ressources aux projets identifiés, cela ne fait l’objet d’aucun doute. Il faut d’abord préciser que lesdits projets sont régulièrement inscrits dans la loi de finances. A date de nombreux- décomptes relatifs à ces projets sont attente de paiement au Trésor. C’est le cas de certains projets du Planut, de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) et même du Fonds Routier. Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue le contrôle du Parlement sur l’exécution du budget.

Comment l’Eta s’est-il assuré que les capitaux mobilisés ne proviennent

pas de la corruption ou du blanchiment ?

Les Obligations du Trésor sont souscrites par les Spécialistes en Valeurs du Trésor dont les banques. Elles sont assujetties à l’obligation de déclaration à l’Agence Nationale d’Investigation Financière (Anif) pour les mouvements de capitaux douteux. En effet, elles doivent céder une part des titres souscrits aux autres agents économiques dont vous et moi, pour alimenter le marché secondaire. Ces opérations sont suivies à travers des comptes titres ouverts spécialement pour garantir la traçabilité des transactions.

L’ordonnance du chef de l’Etat a augmenté le plafond des émissions des titres publics, peut-on s’attendre à d’autres opérations ?

Effectivement, l’ordonnance du président de la République du 29 mai a relevé le plafond des émissions des titres publics de 260 à 350 milliards pour l’année 2019. Le ministre des Finances a déjà saisi les services du Premier ministre pour solliciter une nouvelle habilitation du président de la République à l’effet de procéder à des nouvelles émissions. Nous – travaillons en ce moment sur le programme des émissions des titres publics pour le 3e trimestre. Ledit programme sera examiné lors de la prochaine réunion du cadre de concertation entre le ministère des Finances et les SVT. Après validation, il sera rendu public. Je puis déjà vous dire que le Trésor devra émettre au moins 100 milliards de nouvelles obligations au cours dudit trimestre. Nous allons convenir du calendrier avec les SVT. Nous devrons également travailler ensemble pour animer le marché secondaire, c’est-à-dire développer les transactions des titres entre les SVT et les autres agents économiques. Normalement, un agent économique rationnel ne devrait pas avoir une épargne oisive. Il est préférable de constituer son épargne plutôt en titres publics car le taux d’intérêt est plus intéressant que le taux d’épargne. Bien plus, les titres sont sécurisés et convenables en liquidité en temps réel.

Propos recueillis par Junior Matock (Défis Actuels)

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