Riposte : Séverin Tchounkeu répond à Atanga Nji

Le Pdg du groupe La Nouvelle Expression a réagi aux accusations du ministre de l’Administration territoriale.

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Séverin Tchounkeu a tenu à recadrer Atanga Nji

« Je n’accepterais jamais qu’on m’accuse de pactiser avec les ennemis de la République, à quelque prix que ce soit». La balle n’est pas restée longtemps dans le camp d’Equinoxe Tv. Quelques heures après le point de presse du ministre de l’Administration territoriale (Minat), Séverin Tchounkeu est sorti de son silence pour recadrer Paul Atanga Nji qui accuse un certain nombre d’organes de presse nationaux dont Equinoxe Tv, de pactiser avec des Organisations non gouvernementales ennemies du Cameroun, pour déstabiliser le régime : « C’est au vu des accusations graves portées contre nous ; il s’agit de ce qui peut être assimilé à de la haute trahison », a-t-il a priori précisé, en posture d’invité du journal de 20h d’Equinoxe Tv. « Nous essayons autant du mieux, de faire de nos entreprises les meilleurs de la sous-région, les meilleures d’Afrique», a-t-il souligné. Se vantant que, « à ce jour, depuis la survenue du drame de Ngarbuh, Equinoxe télévision est la seule télévision à avoir envoyé une équipe sur le théâtre des opérations ». Des images qui n’ont pas été toutes diffusées : « Les téléspectateurs ne le savent peut-être pas ; nous avons pris sur nous en toute responsabilité, de ne pas diffuser une bonne partie des éléments ramenés du terrain ». Non sans « prendre à témoin » des acteurs de premier plan de la guerre qui sévit dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. « Jusqu’à ce matin, nous échangeons en permanence avec certaines des plus hautes autorités militaires de ce pays sur ce qui se passe sur le théâtre des opérations». Évoquant ainsi la responsabilité sociale du journaliste. En tout état de cause, « je pense que nous essayons autant que faire se peut de bien faire notre travail en respectant les principes d’éthique et de déontologie», clame-t-il. « Je sais que dans ce pays, certaines personnes savent mieux faire le travail des autres que le leur », dénonce-t-il.

Cible manquée

Avant de s’attaquer frontalement à celui qui lui fait « avoir honte » de cet état de choses : « Je pense que le Minat devrait s’adresser à l’organe de régulation pour savoir qui sont ceux qui peuvent être assimilés à une télévision mille Collines », lance-t-il. « Rendre compte d’un rapport ne signifie pas partager ce qui est contenu dans ce rapport », enseigne-t-il. A une autorité qui ne manque pas d’embarquer des équipes de reportage de la chaîne qu’il incrimine aujourd’hui, dans ses activités quotidiennes : « Quelle incohérence!», s’indigne Séverin Tchounkeu. Ajoutant que « ceux qui jettent de l’huile sur le feu ne sont pas forcément ceux qu’on pointe du doigt ». Mieux, « je pense que le Minat a de bonne fréquentation pour ce qui est de ces accointances », enfonce-t-il.

De suspensions en suspension depuis 1991

De toutes les façons, « le Minat n’est ni notre tutelle, encore moins l’organe de régulation », relève-t-il. De quoi « s’interroger sur le patriotisme de certains ». Toujours est-il que « ce n’est pas parce qu’on est ministre qu’on est plus patriote que tous », croit-il. Lui qui fait partie des précurseurs de la presse privée au Cameroun. Son premier organe, La Nouvelle Expression, ayant été créé en février 1991, en pleines secousses sociales. « Je fais partie de ceux qui ont accepté, alors que leurs référentiels académiques leur permettaient de faire valoir leurs compétences ailleurs, dès l’acquisition de ce parchemin, de décidé de retourner au pays pour donner le meilleur d’eux-mêmes, en créant des emplois dans ce pays », rappelle-t-il. Et conclut en réitérant l’engagement devant les millions de téléspectateurs qui font d’Equinoxe Tv la chaîne de télévision camerounaise la plus regardée depuis bientôt trois ans, selon Médiatude. « Nous rendrons compte de tout ce qui se passe, je dis bien de tout ce qui se passe. Nous ne faillirons jamais », a-t-il défié Paul Atanga Nji.

La menace sur les organes du groupe La Nouvelle Expression (le support presse écrite ainsi qu’Equinoxe radio et la télévision) est permanente. Yaoundé reprochant aux organes de ce groupe de presse sa liberté de ton. Évoquant la guerre que mène le Cameroun depuis quelques années, d’abord contre Boko Haram, et aujourd’hui en interne avec la crise séparatiste dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. Après les émeutes de la faim de février-mars 2008, la radio du groupe avait été fermée par les autorités gouvernementales, pendant de longs mois. Le spectre d’une nouvelle suspension est proche. Le contexte est similaire : un tournant démocratique avec une possibilité d’alternance de plus en plus proche. Dans les années de braise, le support écrit avait plusieurs fois été suspendu.

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