Report de La CAN 2021 : une seconde chance pour le Cameroun

Le pays hôte bénéficie de la faveur de la pandémie du covid-19 pour se voir accorder une nouvelle rallonge de temps à mettre au profit pour parachever les travaux.

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Au terme d’une réunion en vidéoconférence tenue ce 30 juin 2020, le Comité exécutif de la Confédération Africaine de football (CAF) a décidé de reporter à 2021 et 2022 le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) et la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) programmés au Cameroun respectivement en 2020 et 2021. Il s’agit d’un deuxième report pour le Cameroun. Mais contrairement au premier faux-pas justifié en son temps par « un retard important dans la réalisation des infrastructures » selon Ahmad Ahmad, le président de la Confédération Africaine de football (CAF), la faute ne revient pas au Cameroun cette fois-ci. « Après consultation des différentes parties prenantes et compte tenu de la situation mondiale actuelle, le tournoi phare continental a été reprogrammé en janvier 2022», annonce succinctement le communiqué sanctionnant la réunion du Comité exécutif de la CAF. Se basant sur l’évolution de la pandémie du Covid-19 dans le monde et particulièrement en Afrique. « A quelque chose, malheur est bon », pourrait-on dire au Cameroun. Mise à part le climat (notamment la forte pluviométrie sur le reste de l’année), la persistance du Covid-19 dans le monde ne pouvait permettre la tenue du CHAN et de la CAN au Cameroun aux dates prévues. Si les pays concurrents du CHAN sont déjà connus, le chemin reste long pour la CAN dont les éliminatoires ne sont pas encore terminées. « Les dates de la phase finale et des matchs restants des éliminatoires seront communiquées en temps opportun», indique le communiqué final de la réunion des dirigeants de la CAF.

Olembe prêt en novembre ( ?)

Le Cameroun a une seconde chance de sauver cette CAN qui lui a échappé en 2019 et qui fait l’objet de convoitises. Le Maroc et l’Algérie n’ayant jamais caché leurs intentions de reprendre l’organisation au Cameroun. Cette fois-ci, ce sont des facteurs exogènes qui ont imposé le report des tournois finaux de football dont l’organisation a été confiée au Cameroun. Du coup, la pression est moindre. Déjà que le Comité local d’organisation croit que les travaux d’infrastructures qui ont justifié le « glissement » de 2019 à 2021 sont en bonne voie. « Magil a dit qu’il livre le stade en novembre ; il ne reste que le Complexe », salue Abel Mbengue, porte-parole du Comité local d’organisation (Cocan). Convoquant la dernière visite de terrain du ministre des Sports et de l’Education physique (Minsep) le 26 juin dernier qui « a apporté la preuve qu’il y a du sérieux là-bas ; qu’on ne va pas se limiter à l’infrastructure du football, mais à l’ensemble du Complexe ». A propos, « de remarquables avancées sont perceptibles. La livraison du chantier se fera dans les délais », a tweeté le Pr Narcisse Mouelle Kombi après sa visite du site du complexe sportif d’Olembe, l’un des plus gros retardataires. Lors de sa tournée du début du mois dernier, le président du Comité local d’organisation des compétitions avait estimé que plus de la moitié des stades étaient achevés. . Indiquant que seuls ceux de Tocket et de Bafang traînaient encore le pas. Le rapport était aussi rassurant pour ce qui est des hôtels.

Mais ce ne sont que des assurances comme celles de ses prédécesseurs. Des incertitudes persistent sur les délais de livraison qui ne cessent de se rallonger. La plupart des chantiers ayant connu un arrêt avec le retrait le 30 novembre 2018 de l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun. Et en dehors du stade de Japoma, les autres infrastructures sportives sont toujours en chantier. Une nouvelle grève est en cours à Garoua où Prime Potomac qui avait la charge des 2/3 des chantiers du site avait pourtant vu des marchés lui être retirés, pour amoindrir le choc du retard. Mais l’entreprise a maille à partir avec ses fournisseurs et même d’anciens employés licenciés sans préavis et sans paiement de leurs droits. Mais tout au moins, les Camerounais ont des raisons d’espérer que ce énième glissement ne soit pas le signe annonciateur d’un autre report. Mais une chance de sauver son honneur.

« Le Cameroun sera prêt le jour dit »

Le Cameroun a remporté l’organisation de la CAN 2019 en 2014. Mais les travaux de construction des infrastructures prévues pour la tenue de cette CAN ont pris du retard au démarrage. Les rapports d’inspection de la CAF ont justifié le retrait masqué sous forme de « glissement » de date. Et pourtant Paul Biya avait donné des gages au monde entier. « Le Cameroun sera prêt le jour dit», s’était engagé le président camerounais en 2018, alors que la CAF émettait des doutes sur les capacités du pays à respecter les délais de rétrocession des infrastructures en construction. Puis Ahmad Ahmad avait effectué un déplacement au Cameroun, en compagnie de Samuel Eto’o, pour rassurer : «Il n’y a pas de plan B pour la CAN 2019 ». Mais au finish, la CAN a été retirée au Cameroun. «La CAF a noté que plusieurs conditions de conformité n’étaient pas remplies (…) et qu’il y avait un manque entre ce qui est nécessaire pour l’organisation d’une CAN et la réalité sur le terrain », avait regretté le président de la CAF. En attendant une embellie dans la lutte contre le Covid-19 qui n’épargne aucune partie de la planète, les inspecteurs de la CAF ne viendront pas constater d’éventuelles failles dans l’engagement du pays de Roger Milla. Toujours est-il que «le Comité Exécutif de la CAF est satisfait des autorités camerounaises pour leur engagement dans l’accueil des deux compétitions. Le Cameroun est prêt à accueillir l’une ou l’autre compétition et respecte le calendrier prévu », croit le Comité exécutif de la CAF. Une déclaration rassurante, mais au Cameroun de savoir tirer des leçons des erreurs du passé.

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