Reconstruction Nord-Ouest et du Sud-Ouest : la difficile équation

Alors que quelques groupes sécessionnistes tardent encore à se rendre, la reconstruction des deux zones touchées par la guerre depuis plus de trois ans est plus que jamais incontournable.

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« Plusieurs sécessionnistes n’ont pas encore déposé les armes. Malgré le calme relatif observés dans ces les zones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, civils et militaires continuent à tomber au front de guerre ». Vielle de plus de trois ans, la guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest continue à faire des victimes et inquiète Etah Divine Ashu, qui comme plusieurs camerounais se demande à quand la fin des hostilités.   Pour matérialiser le projet de paix qu’il a initié dans les deux zones en conflit, le président de la République a mis sur pied, le 3 avril dernier, un plan Marshall baptisé :  Plan Présidentiel de Reconstruction et de Développement des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest(Pprd-No/So). Ses objectifs : réhabiliter et aménager les infrastructures de base, revitaliser l’économie et promouvoir la cohésion sociale.  Une initiative saluée par plusieurs leaders qui félicitent les efforts consentis par le gouvernement dans le but ramener la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Pour l’avocat Agbor Balla, un des leaders de la contestation anglophone, « cette initiative est une preuve auprès des populations qui sont restées surplace et surtout des réfugiés internes et externes que le gouvernement est prêt à trouver une solution » à la crise qui sévit depuis plus de trois ans.

Difficile équation

Malgré la volonté de ramener la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, l’Etat reste confronter à quelques groupes sécessionnistes qui refusent de déposer les armes. Des pourparlers ont ainsi été engagés pour convaincre ces jeunes à accepter l’initiative de paix. « La paix est préalable aux activités de reconstruction du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. C’est parce que ce préalable est capital que le gouvernement a mis en place la caravane de paix qui discute directement avec les groupes armés pour les convaincre de déposer les armes. Plus de 1000 sont déjà convaincus et certains d’entre-deux sont déjà parmi nous, car on leur a trouvé du travail », explique le professeur Cosmas Cheka, chef de département de English Law à l’université de Yaoundé II. L’enseignant de droit estime que l’initiative de « reconstruction des zones touchées est en elle-même un outil de la recherche de la paix et le désarmement » et espère que « les jeunes qui sont encore armés seront finalement convaincus de désarmer ».  Même si les groupes armés ne déposaient pas les armes, « leur réticence ne devrait pas empêcher le travail de reconstruction ».  Barrister Agbor Balla pense de son côté que la reconstruction doit commencer, car nul ne sait quand la guerre prendra fin. Il propose que la reconstruction commence dans les zones déjà en paix. Pour lui, l’initiative ne doit pas seulement viser à reconstruire, elle doit aussi s’appesantir à construire, car à cause des trois ans de guerre, ces deux régions accusent un retard infrastructurel sur les autres régions du pays.

Dépolitiser le plan de reconstruction

Dans les principales villes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest les populations sont majoritairement favorables à la reconstruction, à condition que le processus soit « dépolitisé et intègre les populations locales », souhaite Paul Atancho, observateur résident à Bamenda. Un point de vue que partage Agbor Balla. « Je suis déjà fier que le vice-président de ce plan de reconstruction soit un cadre du SDF, car cela montre la bonne foi du gouvernement », se félicite-t-il. Pour une opération réussie, l’avocat international propose que l’initiative intègre, « les villageois, les hommes d’Eglises, la société civile, les ONG et les partis politiques », car ce sont tous ces acteurs qui sont concernés par la reconstruction et il est d’abord question de réussir l’opération dans les mentalités.

Joseph Essama

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