Procès Kamto : le film d’une audience sous haute tension

L’audience qui a mobilisé une forte présence des forces de défense au sein et autour du Tribunal militaire de Yaoundé le 6 septembre dernier, n’a duré que quelques minutes et a été renvoyée au 8 octobre prochain.

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Le procès de Maurice Kamto ainsi que 91 autres accusés s’est tenu dans une salle exigüe et pleine à craquer ce 6 septembre 2019. Sont venus assister à cette audience, ses militants, les représentants des partis de l’opposition, des ONG et plusieurs activistes partis des quatre coins du pays. Dans cette même salle, une cinquantaine d’avocats. C’est autour de 10 heures 20 minutes que les premiers prisonniers sont arrivés dans un camion, en scandant les chants de leur parti. Une heure plus tard, le véhicule transportant Maurice Kamto et tous les leaders de la coalition a fait son entrée sous forte escorte policière. Paul Eric Kingue, vêtu d’un complet lin blanc est le premier à sortir du car. Il est suivi de Albert Dzongang qui, lors de sa descente est bousculé par un policier qui voulait dire aux prisonniers de ne pas sortir en masse pour éviter que les militants les acclament. Albert Dzongang se montre offensif et lance à ce policier, « lorsque j’étais avec Biya, ce sont des individus comme toi qui me gardaient ». La réponse ferme et sèche, de l’homme politique douche le zèle de cet élément qui est obligé de se ranger. Ensuite sortent Michelle Ndocki, Darling Nguevo, Valsero, Penda Ekoka, Maurice Kamto, puis Alain Fogue arborant un t-shirt blanc sur laquel il est marqué « non au hold up électoral ».

L’intérieur de la salle où se trouvaient les militants commence à surchauffer. Au moment où le premier prisonnier foule l’entrée du prétoire, les militants entonnent des chants en criant « Maurice Kamto président ». Ce soutien galvanise d’avantage tous les prisonniers qui affichent chacun un sourire au coin. 12h 02 minutes, l’audience est lancée et durera moins de 30 minutes. Après les usages protocolaires, le greffier prend la parole pour lire les accusations portées contre Maurice Kamto et les siens. Puis il est interrompu par les avocats de la défense qui suggèrent « aux juges de respecter l’article 302 de la police d’audience pour assurer aux prévenus un procès équitable, une salle plus aérée et plus grande, l’ouverture des audiences au public e t à t o u s le s m é dia s » , raconte Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive du Réseau des défenseurs des droits de l’homme du Cameroun et en Afrique Centrale (Redhac), présente dans la salle. Au bout de 23 minutes, Christian Penda Ekoka, président du Mouvement AGIR fait un malaise et est transporté de toute urgence à l’hôpital central de Yaoundé. L’audience est suspendue pendant plus d’une heure. Elle reprend autour de 13 h30 et à peine relancée, la présidente du Tribunal militaire de Yaoundé, l’officier magistrat militaire Abaga Mbezoa renvoie le procès au 08 octobre.

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