Obligations du trésor : déjà 100 milliards mobilisés

Cette méthode innovante de financement du budget, lancée en mai dernier par le ministre des Finances Louis Paul Motaze, enregistre un taux de souscription de 120,78 %. Ces ressources vont financer des projets dans les secteurs des infrastructures, de l’eau, de l’énergie et du développement urbain.

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Obligations du trésor : déjà 100 milliards mobilisés

Les deux premières émissions des Obligations du Trésor Assimilables (OTA) entamée depuis le 22 mai dernier à Yaoundé, se déroulent sans anicroche. « Pour le compte des deux émissions déjà réalisées, sur les 100 milliards de francs CFA sollicités, on enregistre un taux de souscription de 120,78 %, ce qui témoigne de la réceptivité des investisseurs à cette opération », affirme d’un air serein, le directeur de la trésorerie au ministère des Finances (Minfi), Samuel Tela. « Il ne fait point de doute que nous réussirons à mobiliser les 50 autres milliards dont l’émission est prévue pour le 11 septembre prochain, voire plus », martèle un autre cadre du Minfi. En effet, c’est le 13 mai dernier que le Minfi a rassemblé les Spécialistes en Valeurs du Trésor, à l’effet de les informer de l’intention du gouvernement à lancer une série de trois émissions des OTA, d’une enveloppe globale de 150 milliards de francs CFA. Ainsi, interpellé par la presse sur les raisons qui sous-tendent le choix porté sur les OTA, Louis Paul Motaze a expliqué qu’elles reposent sur : « la diversification des instruments de financement du budget de l’Etat ; le recentrage sur le marché monétaire qui est le marché traditionnel des banques et des trésors publics, contrairement au marché financier qui est prioritairement celui des entreprises et des autres agents économiques ». Ainsi, avait-il poursuivi, « cette orientation vers le marché monétaire, laisse une plus grande marge aux autres agents économiques pour mieux se financer ».

Remboursement au terme de l’opération

L’émission des OTA comporte également de nombreux avantages, selon les spécialistes des marchés financiers. Notamment le délai de grâce pour les remboursements plus longs est un taux de rémunération bas. L’autre explication avancée au Minfi au sujet du recours aux OTA, tient au fait que cet instrument offre « un délai de grâce plus long à l’Etat dans la mesure où le principal n’est remboursé qu’au terme de sa maturité, contrairement aux emprunts obligataires dont le remboursement intervient généralement par quart à partir de la deuxième année ». Bien plus, précise Bertrand B, cadre au Minfi, « l’OTA assure à l’agent économique une meilleure rentabilité car il perçoit les intérêts sur toute la durée de vie du titre ». A titre d’illustration, « pour un placement de 10 millions de francs CFA sur 5 ans au taux d’intérêt de 5,6 %, les intérêts générés dans le cadre des OTA sont de 2.8 millions de francs CFA, soit 560 000 francs CFA par an pendant 5 ans. Tandis que pour l’emprunt obligataire, les intérêts produits sont de 1.9 millions de francs CFA dans la mesure où un quart du principal est remboursé chaque année, à partir de la deuxième année en même temps que les intérêts échus », explique un autre responsable de la Direction Générale du Trésor.

Taux d’intérêt attractif

En outre, l’autre avantage et pas le moindre, c’est le taux de rémunération. « Pour les maturités de 3 ans, 4 ans et 5 ans, les taux sont respectivement de 4 %, 4,75 % et 5,6 % net d’impôt, donc largement supérieurs au taux directeur de la banque centrale qui est de 3,5 % », explique un banquier.

Une opération aguicheuse pour les investisseurs

Selon des sources proches du dossier, l’avantage que présente les OTA pour les investisseurs réside sur le fait que, « contrairement aux emprunts obligataires, les remboursements se font à échéances ». Ce qui est davantage rassurant c’est que, « toutes ces émissions bénéficient de la garantie souveraine de l’Etat et d’une pondération nulle dans le bilan des banques. De même, un compte séquestre ouvert à la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) et approvisionné par un prélèvement automatique à partir du compte unique du Trésor garantit aux investisseurs, le remboursement à l’échéance des intérêts et du principal », explique-t-on au Minfi.

Junior Matock (Defis Actuels)

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