Nord-ouest et Sud-ouest : Ces pays qui hébergent des leaders séparatistes

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L'Union européenne abrite une bonne partie des séparatistes

Tapis à l’étranger, les cerveaux des milices séparatistes se promènent librement au Nigeria, en Afrique du Sud, en Amérique et en Europe où ils procèdent à des levées de fonds pour acheter des armes et financer les groupes armés dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. Revue non exhaustive des Etats qui les accueillent.

 

Etats-Unis d’Amérique : le fief des séparatistes

S’il est un pays qui abrite la plus grande colonie des leaders du mouvement séparatiste anglophone camerounais, c’est bien le Etats-Unis d’Amérique (USA). Ils y vivent par dizaines (voire plus) et seuls les plus « courageux » n’hésitent pas à se montrer à travers les réseaux sociaux, leur principal canal d’expression. Parmi eux, quelques propagandistes du discours de la haine devenus des « célébrités » aux yeux de leurs adeptes. Comme Samuel Ikome Sako. Originaire du département du Fako, dans la région du Sud-Ouest, ce « révérend pasteur » a été le deuxième président par intérim de l’Etat fictif que les séparatistes portent dans leur imagination, un mois après l’arrestation puis l’extradition du premier président par intérim, Julius Ayuk Tabe. Mais son « gouvernement » n’a pas fait long feu. Vertement critiqué par ses camarades qui n’avaient de cesse de l’accuser de détourner les fonds collectés par la diaspora pro-sécessionniste, Ikome et son bureau ont ensuite été suspendus par Ayuk Tabe. Alors que ce dernier avait formé son bunker aux USA avec des conseillers tels Edwin Ngang, Ashu Ndep ou Valentin Eben, installés dans le Maryland ou le New Jersey ; son chef de cabinet, Martin Ayim, assistant professeur à l’université d’Etat de Grambling (Louisiane). Du coup, le mouvement est dirigé, toujours à partir des Etats-Unis d’Amérique, par Dabney Yerima. Cet activiste qui se présente sur les réseaux sociaux comme un « défenseur des droits de l’Homme et de la paix » assure la vice-présidence du « gouvernement intérimaire » séparatiste. Alors que Chris Anu, un autre leader également basé aux USA, mais bien plus « célèbre » a été démis de ses fonctions de « secrétaire à la communication » en juin dernier. En mai, une note du Bureau Fédéral d’Investigations américain (FBI) avait annoncé une enquête contre lui et l’un de ses compagnons, Tapang Ivo Tanku, un extrémiste que d’aucuns présentent comme le « commanditaire des kidnappings » dans les régions anglophones du Cameroun. Il ferait partie de ces leaders dont les ordres sont mis en application par les groupes armés séparatistes sur le terrain de la crise. Sorti de l’anonymat à la faveur de l’arrestation des leaders du Consortium, qui lui auraient transmis la direction intérimaire de ce mouvement, Tapang Ivo Tanku est en fait journaliste de formation, ancien employé de la Cameroon Radio Television (Crtv), l’office national de radio et télévision du Cameroun. Un autre leader sort du lot aux USA : Eric Tataw. Très virulent sur les réseaux sociaux, il fait partie de ceux qui auraient été mandatés pour collecter des fonds en vue d’entretenir la guerre contre les forces nationales de défenses. Toujours aux Etats-Unis d’Amérique, vit un certain Etchu Tabenyang qui se présente comme le « secrétaire d’Etat à l’économie et aux finances au sein du gouvernement intérimaire ». Alors qu’il est en réalité est un comptable de formation qui a fait des études en management aux Etats-Unis où il est réfugié depuis 2001, selon sputniknews.com. Le site internet français parle également de Boh Herbert, ex journaliste qui dirige le Mouvement pour la Restauration de l’Indépendance du Southern Cameroons (Morisc) depuis les Etats-Unis, où il se cache.

 

Norvège : l’hospitalité offerte à lucas Cho ayaba

Né le 25 août 1972 à Bamenda (Nord-Ouest) sa ville d’origine, Lucas Cho Ayaba est l’un des plus célèbres et des plus radicaux parmi les leaders séparatistes anglophones basés à l’étranger. Ancien étudiant de l’université de Buéa où il a fait de « l’argument de la force » son leitmotiv, cet activiste tire sa force et son influence du groupe armé qu’il a fondé dont il revendique le commandement, l’Ambazonia Defense Forces (ADF). En exile en Norvège, pays qui lui a attribué la nationalité, Lucas Cho Ayaba revendique « des milliers de combattants », quand les observateurs avisés de la crise n’en décomptent que quelques dizaines. Plusieurs fois cités dans des affaires de détournement des fonds que la diaspora séparatiste collecte pour financer les groupes armés embusqués dans les forêts du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, Lucas Cho Ayaba fait également partie de ceux qui militent pour la fermeture des salles de classes dans leurs propres villes et villages du Cameroun. Alors que ses enfants et lui poursuivent leurs études en silence à l’étranger. La preuve ? Le 10 juillet dernier, Cho Ayaba, a soutenu son doctorat dans une université de Londres en Angleterre, apprend-on.

 

Nigeria : la ruche des manipulateurs

Le Nigeria a été pendant longtemps, l’une des principales bases des opérations des leaders séparatistes. Enfin, jusqu’à l’arrestation de Julius Ayuk Tabe et neuf de ses camarades dans un hôtel d’Abuja. Depuis, les fidèles du mouvement sécessionniste anglophone qui y sont restés s’exposent de moins en moins. Même s’ils gardent la même virulence sur les réseaux sociaux où ils sont devenus, pour la plupart, les champions de la désinformation et de la manipulation. C’est le cas d’Akoson Pauline Diale, l’une des plus recherchés par le gouvernement camerounais. Elle est très active dans les plateformes des séparatistes sur internet et joue un grand rôle dans l’incitation des jeunes à prendre les armes contre l’Etat. En juin 2017, Akoson Pauline Diale avait publié sur Facebook, une déclaration invitant les régions anglophones à modifier le calendrier scolaire pour ne plus être arrimé à celui de la République du Cameroun. Indiquant au passage que « l’indépendance n’est pas dans les mots mais dans les actes. Nous avons besoin de monter d’un cran afin de devenir un Etat indépendant ». Actrice propagandiste à la solde d’un groupuscule de terroristes sécessionnistes, elle excelle avec son époux, Akoson Raymond, dans la publication des images et vidéos tantôt truquées, tantôt événements qui ne se sont jamais déroulés au Cameroun.

 

Afrique du sud : le refuge d’anciens journalistes

Ils sont nombreux, ces journalistes anglophones qui ont longtemps exercé au sein de l’Office national de radio et télévision du Cameroun (Crtv) avant de rejoindre le camp des séparatistes. Parmi eux, il y a John Mbah Akuro. Considéré par ses « camarades de lutte » comme « l’un des meilleurs journalistes du sud du Cameroun », cet activiste est très impliqué dans la crise. Depuis sa base en Afrique du Sud où il s’est réfugié, ce membre influent du Consortium de la société civile anglophone lutte actuelle, l’un des mouvements qui a joué les premiers rôles au début de la crise, travaille aujourd’hui à persuader les séparatistes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de ne pas se laisser convaincre par l’offre de dialogue du président de la République Paul Biya. Une offre de dialogue que ce partisan de la sécession décrit comme étant « des mesures cosmétiques » utilisés « par le régime de Paul Biya pour manipuler la communauté internationale ». Même discours pour Larry Eyong Echaw, ancien journaliste basé également en Afrique du Sud. Désigné porte-parole du Southern Cameroons Ambazonia Consortium United Front (Scacuf) en remplacement de Boh Herbert en 2017, ce dernier a depuis toujours mal vu la cohabitation entre francophones et anglophones dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « Ce que les francophones craignent le plus chez nous les anglophones c’est qu’ils pensent que nous aimons le Nigeria dans notre cœur et que, s’ils nous donnent trop de pouvoir, nous vendrons tout le pays », avait-il déclaré il y a plus d’une dizaine d’années.

 

Belgique : la caverne de Mark Bareta

Toujours aux Etats-Unis d’Amérique, vit un certain Mark Bareta. Journaliste de formation, il détient un site internet et une chaîne youtube à travers lesquels il fait chaque jour, l’apologie du mouvement sécessionniste anglophone. S’il se présente comme étant « un activiste politique du sud du Cameroun, un écrivain et analyste des questions politiques », reste que depuis le mois de juillet 2019, il est accusé par certains de ses pairs d’être « incontrôlable ». C’est que, Mark Bareta a souvent traité les membres du « gouvernement intérimaire » de « menteurs » qui « vendent de faux espoirs » à leurs affidés du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mark Bareta serait aujourd’hui, citoyen belge, comme un certain Shey Kaavi Wo Melim qui, lui, serait la plupart du temps basé en Autriche où il mène une violente propagande anti-Biya sur les réseaux sociaux.

 

Italie : couvert par ses « talents » de chirurgien

Il avait été fait vice-président du « gouvernement intérimaire », lors de l’accession au pouvoir de Samuel Ikome Sako, plus d’un mois après l’extradition fin-janvier 2018 de Julius Ayuk Tabe, le président autoproclamé de « l’Ambazonie », l’Etat imaginaire qui n’existe que dans la tête de ses « citoyens-militants », condamné le 20 août dernier à la prison à vie. Pourtant très effacé, Dr Abongwa Hariscine Keng a été plusieurs fois cité parmi les leaders séparatistes les plus recherchés par la justice camerounaise. Ex-professeur de sciences à Bamenda (Nord-Ouest), ce dernier a été formé à l’Université de Parme entre 2005 et 2011 (selon des informations de linked in, Ndlr.) et exerce en Italie comme chirurgien.

Grande Bretagne : la planque des « indésirables »

Elle ne l’a peut-être pas encore dit ouvertement. Mais ça saute à l’œil que la Grande Bretagne ne cautionne pas le projet de séparation du Cameroun en deux Etats anglophone et francophone. La preuve, le pays de la Reine Elisabeth II a refusé de remettre en cause la réunification du Cameroun. La Haute cour de justice de la Queen’s banch division, avait en effet tranché après une plainte déposée devant elle, au courant de l’année 2017, par Makweley Lysongo, activiste séparatiste. Dans sa plainte, l’activiste anglophone remettait en cause la légalité du référendum de 1961 par lequel le Southern Cameroon se rattachait à la République du Cameroun. Makweley Lysongo appelait ainsi la juridiction anglaise à rétablir l’accord de tutelle qui unissait la Grande Bretagne aux deux régions du Cameroun britannique. Planquée en Angleterre avec un certain Sam Egbe, un autre activiste du mouvement sécessionniste, Makweley Lysongo accusait la Grande Bretagne de n’avoir pas joué pleinement son rôle dans la protection des peuples du Southern Cameroon, tel que prévu dans son mandat de tutelle reçu des Nations unies. Du coup, la réponse de la Haute cour de justice de la Queen’s banch division a été une belle claque pour cette partisane de la séparation du Cameroun d’autant plus que la Reine Elisabeth II d’Angleterre a toujours refusé de rencontrer des représentants du mouvement sécessionniste.

Dossier réalisé par Arthur Wandji

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