Nécrologie : John Ebong Ngole est mort

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John Ebong Ngole n’est plus. Le président du Conseil d’administration de la Société camerounaise de raffinage (Sonara) s’est éteint dans la nuit, des suites de maladie, à l’hôpital de la Cnps à Yaoundé. Maladie qui, ajoutée à l’affaire Metouck (Affaire Sonara) dans laquelle il avait été embarqué, l’avait éloigné des podiums de l’actualité. Après avoir vu son nom être retiré à la dernière minute sur les listes des candidats aux Sénatoriales en 2013, John Ebong Ngole s’est reclus dans un confinement que seules les audiences du tribunal pouvaient par moments rompre.

Né le 11 janvier 1940 à Enyandong dans le département du Kupe-Manenguba, John Ebong Ngole a, comme la plupart des citoyens de l’ex Cameroun occidental, fait ses études supérieures au Nigeria. Après ses études au Cameroon Protestant College Bali dans le Nord-ouest, ce fils de pasteur a pris le chemin du Nigeria pour les universités d’Enugu et du Nigeria où il se forme en Droit et en Relations internationales. Mais c’est à la préfectorale que l’homme revenu au Cameroun servir le Cameroun « réuni ». Le site camerlex.com remonte son cursus administratif.

En 1966, Ebong Ngole est nommé préfet du Bui (Kumbo), puis muté dans la Momo (Mbengwi), avant d’atterrir à la tête de la Mezam (Bamenda) le 24 mars 1972. La même année, l’homme est muté dans le Donga-Mantung en août, avant de retourner deux ans après dans le Bui. Deux ans après, l’homme quitte le Nord-ouest pour le Sud-ouest. Pour trois départements : le Fako (Limbé), la Manyu (Mamfé) et le Ndian (Mundemba). Les portes de la province du Sud-ouest lui sont ouvertes en 1989, pour deux ans. L’ancien préfet qui a administré plusieurs départements du Nord-ouest hérite des fonctions de gouverneur de la région qui vient de vivre la naissance du Social democratic front (Sdf) le 26 mai 1990. Arès avoir souffert le chaud et le froid des Villes mortes, John Ebong Ngole est rappelé à Yaoundé pour être nommé ministre chargé de missions à la présidence de la République.

Avec ce décès, John Ebong Ngole échappe à une humiliation à laquelle il était exposé. L’homme était embarqué dans l’affaire Charles Metouk. Après avoir été limogé de la direction générale de l’entreprise pétrolière en février 2013, Charles Metouk avait réussi à se glisser plusieurs fois dans son ancien bureau après la passation de documents avec son successeur. La nouvelle proie de l’opération Epervier avait présenté une lettre du PCA lui accordant l’autorisation d’accéder à son bureau pour « préparer la transmission des dossiers au nouveau directeur général». Depuis, John Ebong Ngole se bat à échapper à la prison. En 2019, l’homme a été débarqué de la présidence du Conseil d’administration (remplacé par Bertha Ndoh), afin de préparer librement sa défense. Lui qui comparaissait libre. Une nouvelle audience de l’affaire était d’ailleurs prévue ce jour au tribunal criminel spécial.

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