Municipales et législatives : L’opposition dans l’incertitude

Alors qu’on s’achemine vers des élections certaines, mais dont les dates restent inconnues, l’opposition ne présente pas encore suffisamment d’arguments qui augurent un possible renversement de situation au parlement et dans les communes.

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L'opposition camerounaise est-elle clouée au sol au propre comme au figuré?

Les élections municipales et législatives se tiendront cette année, c’est ce dont on est sûr, mais quand ? A une date que nul ne peut encore deviner. C’est en octobre 2018, que le mandat des maires et des députés devait prendre fin. Celui des députés a été prorogé de 12 mois et s’étend jusqu’au 29 octobre prochain. Celui des conseillers municipaux court encore jusqu’au 15 octobre 2019. Dans son article 148 alinéa 3, le code électoral prévoit que l’élection des députés a lieu au plus tard 40 jours avant l’expiration de leur mandat. Le même code indique, dans son article 169, alinéa 3, que l’élection des conseillers municipaux se tient au plus tard 20 jours avant l’expiration du mandat. Sur la base de ces dispositions légales, l’on peut estimer que les deux scrutins pourront se tenir un peu avant la fin du mois de septembre.

Sur le terrain, tous les partis sont déjà à pied d’oeuvre pour mobiliser les militants. Le Rdpc au pouvoir continue de jouir de sa solide assise politique sur le plan national. Les partis de l’opposition quant à eux tentent de multiplier les stratégies pour recruter le plus de militants possible. Mais les 2 principaux, malgré leur détermination à battre le parti au pouvoir, connaissent des crises qui risquent de les fragiliser à l’approche de ces élections. Le parti Univers de Prospère Nkou Mvondo, qui a soutenu la candidature de Cabral Libii à la récente présidentielle n’est plus en odeur de sainteté avec son partenaire, le mouvement 11 millions de citoyens.

Nkou Mvondo – Cabral : la déchirure?

Les deux formations qui ont pourtant signé un contrat de deux ans, ne semblent plus s’accorder. Prospère Nkou Mvondo et Cabral Libii ont affirmé en fin de semaine dernière qu’il n’existe aucun sujet de discorde entre les deux associations, mais le doute persiste sur les visages de leurs militants. Depuis le 2 janvier, Cabral Libii a relancé sa campagne d’inscription sur les listes électorales, pour éviter, comme à la présidentielle d’avoir des militants qui ne peuvent pas voter faute de carte d’électeur. Sur sa page officielle, il appelé ses camarades à descendre sur le terrain, à s’inscrire massivement et « à aller à la conquête des sièges parlementaires». Il a aussi encouragé ses partisans à constituer des listes consensuelles avec les autres partis de l’opposition.

Le Mrc dans le doute

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun de Maurice Kamto( MRC), a lui aussi lancé un vaste mouvement de recrutement des nouveaux militants. Mais le parti de Maurice Kamto qui n’a pas encore digéré sa défaite de la dernière présidentielle, était encore plus tourné aux revendications post-électorales. A la suite des marches pacifiques organisées le 26 janvier dernier, la plupart de ses leaders, dont lui-même, ont été arrêtés, et se retrouvent derrière les barreaux. Le premier vice-président du MRC Mamadou Mota a multiplié des actions ces dernières semaines pour tenter de remobiliser ses partisans, mais le parti est plus que jamais fragilisé, car il ne jouit pas d’une forte légitimité. Le MRC qui avait pourtant réuni près de 15% des suffrages lors de la dernière présidentielle, était pourtant bien parti pour rafler plusieurs sièges au parlement et aux municipalités. Ce parti a besoin que ses caciques soient libérés avant l’élection, si non , il risque d’essuyer une nouvelle défaite. Parmi ceux qui ont été arrêtés, plusieurs voulaient briguer des mandats aux municipales et législatives.

Les deux partis leaders de l’opposition sont aussi fragilisés par les guerres qui opposent les militants des deux camps et qui profitent au parti au pouvoir. Le Social Democratic Front qui totalise 18 députés, a lui amorcé une descente aux enfers, depuis la crise anglophone et qui semble irréversible. Le parti historique de l’opposition camerounaise manque d’un véritable leader capable de redynamiser les troupes. Ces derniers mois, le parti de Ni John Fru Ndi a enregistré plusieurs défections dont 2 maires. L’opposition ira à cette élection et en sortira certainement vaincu. Pour l’heure, aucun signal crédible ne permet penser que celle-ci peut faire un contrepoids face au Rdpc.
par Joseph Essama

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