Médias : La presse en quête d’une nouvelle utilité républicaine

Sous la houlette de l'association Médias, Médiations et Citoyenneté fondée par Valentin Zinga, des figures emblématiques de la presse Camerounaise se sont réunies à Yaoundé pour rechercher des remèdes aux dérives actuelles de la presse. 

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Valentin ZInga à l'ouverture des Journées Citoyennes de la Presse

« Pourquoi en effet, les journalistes n’auraient – ils pas à répondre de leurs paroles, alors qu’ils exercent un tel pouvoir sur le monde social et sur le monde même du pouvoir ? Pourquoi n’auraient-ils pas à rendre compte de leurs prises de position et même de leur manière d’exercer leur métier et de conduire leur vie alors qu’ils s’instaurent si volontiers en juges des autres hommes de pouvoir, et en particulier des hommes politiques ? ». Ce questionnement de Pierre Bourdieu épousseté par Valentin Zinga le fondateur de l’Association Médias, Médiations et Citoyenneté a servi de fil conducteurs aux premières journées citoyenne de la presse les ?? à Yaoundé. Vingt-deux ans plus loin, souligne Valentin Zinga, force est de constater que ces interrogations du Sociologue français n’ont perdu ni de leur acuité ni de leur perspicacité mais surtout, elles semblent investies d’un sens, d’une puissance et d’une consistance particulièrement suggestives dans le contexte camerounais.

Le Pr. Laurent Charles Boyomo Assala (à Dr), le Directeur de l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC).

Certes, depuis de longues années on assise à une diversification incontestable de du paysage médiatique Camerounais, rendue possible grâce à une armature législative qui consacre la liberté de la presse. Les chiffres les plus récents et les plus fiables font état de l’existence de : 600 organes de presse écrite ; plus de 200 radios ; une trentaine de télévisions ; des dizaines d’organes de presse en ligne. « Mais, s’inquiète l’organisateur des journées citoyennes de la presse, prenons garde à ce que la réalité statistique ne masque une illusion d’optique, s’agissant en particulier des questions éthiques. A vrai dire, la forteresse du journalisme de référence est littéralement prise d’assaut par toutes sortes d’opérateurs et d’acteurs, auteurs assumés d’objets médiatiques non identifiés, ou difficilement identifiables ; menaçant d’emporter l’édifice de repli de ce journalisme de référence, dont la fondation est le respect scrupuleux, voire le culte la déontologie ».Pourtant,  le spectacle auquel nous avons droit depuis tant d’années est affligeant de ses dérives et préoccupant de ses délinquances déplore M. Zinga.

Or justement, en démocratie, les médias ont un rôle crucial à, jouer. Car comme le souligne Jacques CROS, les médias « doivent donner aux gens tous les éléments d’information pour que ceux – ci exercent en toute connaissance de cause leurs choix de citoyens. La mission des moyens d’information en démocratie peut se résumer ainsi : faciliter l’exercice par les citoyens de choix raisonnés et critiques grâce à une information loyale, objective et complète et permettre la confrontation des opinions. L’information est donc indissociable du débat démocratique. C’est grâce à l’information que l’homme vit comme un homme libre ». Or à l’aune de ce qui précède, il est à craindre que, dans le contexte Camerounais, l’on peine à trouver cette information de qualité à laquelle ont droit les citoyens camerounais.

Mme la Ministre des Postes Minette Libom Li Likeng, avec à sa gauche le ministre des Sports, le Pr. Narcisse Mouelle Kombi

C’est pour corriger ces dérives que ces Journées Citoyennes de la Presse ont été organisées. Pendant deux jours, la crème de la presse Camerounaise réunie par l’Association Média, Médiations et Citoyenneté, avec la collaboration de la fondation Paul Ango Ela et du The Muntu Institute s’est à telle à favoriser une introspection collective de ceux qui font œuvre de journalistes ; organiser des plates – formes d’échanges entre journalistes et citoyens (à titre individuel ou institutionnel) ; mettre en valeur des figures respectées du journalisme (qui ont raconté leurs itinéraires, leurs doutes et leurs espoirs selon le procédé du storytelling). Il s’agit de questionner les pratiques professionnelles qui relèvent du journalisme dans une conjoncture où une certaine pollution informationnelle tend à disqualifier le journalisme de référence, au profit du journalisme de révérence – ou de connivence Valentin Zinga espère ainsi pouvoir remettre la presse Camerounaise sur les rails de l’éthique et de la déontologie, car soutien-il, face à la déchéance, il ne faut pas désespérer, mais agir pour stopper les dérives et repartir vers le haut : « Nous avons croisé les visages d’un scepticisme désabusé ; Nous avons noté les ravages d’un pessimisme paralysant ; Nous avons aussi, – heureusement – perçu les gages d’un optimisme agissant. C’est cet air d’optimisme qui est l’oxygène de notre engagement. C’est le viatique de l’Association Médias, Médiations et Citoyenneté. C’est l’encre dont nous souhaitons nous servir pour écrire une nouvelle page des rapports entre les journalistes et les citoyens dans notre pays

Jean Luc Fassi

 

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