Marché monétaire: le Minfi en selle pour mobiliser 220 milliards

Habilité par un décret du président de la République, le ministre des Finances va émettre dès le 8 avril prochain des obligations du trésor assimilables (OTA) destinées au financement de projets d’envergure.

0
353
Motaze veut mobiliser 220 milliards

En droite ligne de l’exécution de la Loi de finances 2020 qui prévoit la levée des ressources budgétaires pour financer les projets de développement, le Cameroun, à travers le ministre des Finances. Louis Paul Motaze, va bientôt procéder à l’émission des Obligations du Trésor Assimilables (OTA) d’un montant total de 220 milliards de francs CFA, sur le marché monétaire. Concrètement, cette opération va se dérouler en trois phases. La première, d’un montant de 50 milliards de francs CFA, est prévue pour ce 8 avril, pour une maturité de deux ans et un taux d’intérêt fixé à 3,5 %. Les remboursements de cet emprunt vont donc commencer en 2022. La deuxième émission porte quant à elle sur un montant de 70 milliards de francs CFA, pour une maturité de trois ans et 4 % de taux d’intérêt. La dernière émission, d’une enveloppe de 100 milliards de francs CFA, sera remboursable au bout de cinq ans pour un taux d’intérêt de 5,7 %. Selon le document de synthèse publié à cet effet par le Minfi, la valeur nominale d’une OTA est de 10 000 francs CFA. Et d’après le directeur général du Trésor Sylvestre Moh Tangongho, ces émissions sont ouvertes à tous les citoyens. Qui peut souscrire ? « Tout agent économique/investisseur (personne physique ou morale) désireux de faire un placement sûr et rentable. La souscription se fait par l’intermédiaire des Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) que sont : les établissements de crédit ; les Sociétés de gestion et d’intermédiation », répond le Minfi. Pour ce qui est du payement des intérêts, ils seront faits annuellement sur la base du taux exprimé. Bien plus, ils sont calculés sur la base de l’année civile, soit 365 ou 366 jours, renseigne le document de synthèse du Minfi.

Avantages des OTA

Pour ce qui est des avantages de ces opérations, le Minfi explique que les titres publics sont un placement rentable, car les OTA sont rémunérées à des taux d’intérêt supérieurs au taux de rémunération de l’épargne. Bien plus, les intérêts de ces titres sont payés chaque année à la date d’anniversaire de la valeur. D’ailleurs les intérêts servis sur les OTA sont exonérés de tout impôt au Cameroun pour les souscripteurs résidents et non-résidents. En dehors d’être sans risque, «les OTA bénéficient de la garantie souveraine de l’Etat ; elles offrent aux souscripteurs un taux de rentabilité connu sur une période donnée ; les détenteurs des OTA peuvent les céder à tout moment auprès de leurs banques sans subir une décote substantielle ; les OTA sont admissibles en couverture des engagements règlementaires des compagnies d’assurances, au refinancement à la Beac et négociables (ventes, achats garanties) à travers les SVT du Cameroun », vante le ministre des Finances dans des propos relayés par Investir au Cameroun. Et encore : « l’Etat s’est recentré sur le marché monétaire de la Beac, qui est le marché traditionnel des Trésors publics et des banques, pour émettre des OTA dont la durée moyenne du prêt est plus longue que les emprunts obligataires », explique au même site internet Samuel Tela. Pour le directeur de la trésorerie à la Direction Générale du Trésor du ministère des Finances, les OTA offrent un délai de grâce plus long à l’Etat, dans la mesure où le principal n’est remboursé qu’au terme de sa maturité, contrairement aux emprunts obligataires dont le remboursement intervient généralement par quart, à partir de la 2e année. Bien plus dit-il encore, « l’OTA assure à l’agent économique une meilleure rentabilité. Car, il perçoit les intérêts sur toute la durée de vie du titre ». Il convient d’indiquer que la mobilisation de ces ressources découle des prévisions faites dans la Loi de finances de l’exercice budgétaire en cours qui prévoit que 320 milliards de francs CFA destinés au financement des projets soient levés en recourant aux émissions de titres publics. Aussi, elle intègre la nouvelle stratégie d’endettement à moyen terme du gouvernement qui révèle que les besoins en financement de l’Etat s’élèvent à 3 440 milliards de francs CFA sur la période 2020-2022, 3 440 milliards de francs CFA (y compris les appuis budgétaires de 100 milliards de francs CFA), donc 1 217 milliards de francs CFA à mobiliser en 2020.

Par Junior Matock (Défis Actuels 470)

- Publicité -

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here