Marche du 6 avril 2019 : Le Mrc veut remuer le couteau dans la plaie de Paul Biya

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Me Simh, prête pour la marche du 6 avril

Après une trêve de deux mois, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) reprend avec les manifestations. Le parti de Maurice Kamto annonce une marche le 6 avril 2019 à travers le territoire national. Pour « dénoncer la dictature du pouvoir illégitime » du régime de Yaoundé. Et surtout, « exiger un dialogue inclusif avant toute consultation populaire. C’est la raison principale exposée hier », a dévoilé Me Emmanuel Simh, le 3ème vice-président du parti au cours d’une conférence de presse donnée au siège du parti à Yaoundé ce 28 mars 2019. Le Mrc se dit préoccupé par la crise qui déchire les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest et qui, est ignorée par le pouvoir, à sa convenance. Dénonçant la « violence » que le pouvoir oppose à la violence des séparatistes, avec des dégâts collatéraux, « le Mrc prend ses responsabilités. Fort de sa première place conquise sur l’échiquier politique national, en considération de la majorité des voix que le peuple souverain a accordée à Maurice Kamto, candidat à la l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Le Mrc marque son total désaccord avec le régime Biya, tout en s’indignant du sort qu’il inflige à ce peuple pacifiste, mais humilié et profondément blessé dans son orgueil », justifie Me Simh.

« Non partant aux les prochaines élections »

Mais le parti reste sur sa ligne traditionnelle de contestation : le « non au hold-up électoral », et « fustige la mise sur pied d’une machine de fraudes électorales s’appuyant sur des procès-verbaux préfabriqués d’Elecam et des complicités ignobles auprès des administrations publiques ». Et surtout le Conseil constitutionnel dont des membres sont disqualifiés à ses yeux pour y siéger, en raison de leur appartenance au Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir. Citant notamment Clément Atangana son président, Lekene Donfack, Jean-Baptiste Baskouda, Emmanuel Bonde, Joseph-Marie Bipoun Woum et Emile Essombe. Une accusation déjà soulevée pour le conseil électoral d’Elecam dont certains membres sont politiquement marqués selon l’opposition. Lors du contentieux post-électoral de la Présidentielle, le Mrc avait déjà récusé ces membres. En vain. Aujourd’hui, le parti de Maurice Kamto exige la reconstruction de l’appareil organisant les élections (Elecam, Administration territoriale et Conseil constitutionnel). En dépouillant ces organes de membres partisans et de modifier le Code électorale de façon consensuelle. Avec entre autres propositions d’amendements, un scrutin présidentiel à deux tours, l’instauration du bulletin de vote unique, l’adoption de 18 ans (au lieu de 20) comme majorité électorale, le redécoupage électoral pour élaguer les inégalités dans la répartition actuelle des postes de députés, de conseillers municipaux et de conseillers régionaux entre les régions.

A l’occasion, par la voix de son 3ème vice-président, « le Mrc décrie la modification partielle et partiale de la Constitution du Cameroun et de la loi portant Code électoral », qui se déroule actuellement au Parlement. Redoutant que le gouvernement organise les élections régionales avec les conseillers municipaux dont le mandat expiré depuis 2018, a été prorogé par l’exécutif. Pour le parti qui revendique la 2ème place à la dernière élection présidentielle, il s’agit d’« un collège électoral illégitime et complètement acquis à sa fraude organisée ». Et surtout, le Mrc redoute « une tentative éhontée d’organiser des élections au Cameroun avant la fin de la guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest meurtries et endeuillées ». Et annonce qu’il ne prendra pas part aux élections à venir sans ces préalables.

Souvenir du putsch manqué de 1984

Le Mrc prend donc à témoin le peuple camerounais et la communauté internationale quant aux violences perpétrées à l’encontre de ses militants et sympathisants qui exercent des droits républicains. Parlant des personnes interpellées dans le cadre des «marches blanches » organisées le 26 janvier. Le parti qui est en guerre avec le régime de Yaoundé depuis plusieurs mois, « exige un dialogue inclusif qui permettra de mettre fin à la guerre dans les zones anglophones, réitère ses exigences quant à la libération inconditionnelle » de ses militants, sympathisants et alliés incarcérés à travers le pays et dont les procédures piétinent.

C’est pour tout cela que le Mrc menace de braver l’autorité de l’Etat pour reprendre les marches blanches qu’il a engagés le 26 janvier dernier et qui se sont soldés par des arrestations massives à travers le pays. Le parti a marqué un temps d’arrêt, le temps d’engager les procédures judiciaires, avant de reprendre le chemin de la rue. La date choisie est symbolique : le 6 avril. Une date commémorative du coup d’Etat ou plutôt la tentative de coup d’Etat de 1984 qui, selon divers analystes politiques, a été le virage déterminant de la carrière politique du nouveau président de la République d’alors. Paul Biya cédera-t-il à ce qui ressemble à de la provocation?

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