Management : Le Chantier naval confié à un administrateur civil et un ingénieur aéronautique

Roland Maximes Aka’a Ndi et Abel Webnjoh Bobouin Bisiya ont été nommés vendredi dernier au cours d’un conseil d’administration extraordinaire.

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Un nouveau duo est aux commandes du Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic) depuis vendredi dernier. Roland Maxime Aka’a Ndi et Abel Webnjoh Bobouin Bisiya occuperont respectivement les fauteuils de Directeur général (DG) et directeur général adjoint (DGA) de l’entreprise publique en charge des activités de construction et de réparation et de réhabilitation des plateformes pétrolières et navales. Au cours d’une session extraordinaire du Conseil d’administration du Cnic, le défunt DG de la structure Alfred Forgwei Mbeng que le Covid-19 a emporté en avril dernier, a ainsi été remplacé par celui qui le secondait jusqu’ici. Le conseil d’administration a donc préféré la continuité avec celui qui faisait déjà office de nouveau patron (par intérim) de la boîte.

Ce sont deux nouveaux hommes, mais au profil toujours éloigné des qualifications techniques qui rappellent le domaine dans lequel ils vont exercer en patrons. Le nouveau maître du Cnic est un administrateur civil qui a fait ses classes comme inspecteur de services au ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), avant de rejoindre le Cnic. Si son adjoint présente un profil proche du milieu qui l’accueille désormais comme adjoint, Abel Webnjoh Bobouin Bisiya est plutôt un ingénieur aéronautique qui devra apprendre à surfer sur les questions d’une entreprise navale. Lui qui a été chef de division des études, de la planification de la programmation et de la coopération au ministère des Transports (Mint), avant de regagner l’autorité aéronautique civile nationale (Ccaa) où il était directeur technique chargé du développement du transport aérien.

A ces deux hommes, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, le ministre des Transports qui présidait les travaux, a prescrit une feuille de route pour le moins longue : poursuivre le plan de restructuration technique de l’entreprise en pérennisant sa diversification à travers les travaux industriels et les installations métallurgiques ; de mettre en place d’un nouveau terminal fruitier pour le projet de relance de la filière banane à Limbé ; de participer à l’opérationnalisation du projet de construction du port en eau profonde de Limbé et d’œuvrer pour construction permanente l’écoute et du dialogue social au sein du CNIC en recourant régulièrement aux compétences de leurs collaborateurs qui portent déjà en eux plusieurs années et états de service.

Forjindam l’expert happé par l’Epervier

Lorsqu’arrive Alfred Forgwei Mbeng, le gouvernement a entrepris de relancer le Cnic. Le plan de redressement prévoit au passage la réduction des effectifs pour motif économique. Le nouveau patron de la boite s’exécute et 270 employés sont mis à la porte, sur les près de 750 sous contrat en 2018. Rien n’y fait. Le bateau coule sans cesse. Entre le départ de Forjindam et 2018, le chiffre d’affaire a dégringolé de 40 milliards à 12 milliards en 2014, avant de poursuivre sa chute à 3 milliards de francs Cfa.
Zacheus Forjindam restera le seul dirigeant à avoir su donner de la visibilité au Chantier naval. Avec cet ingénieur naval (visiblement le seul au pays), la structure a connu un succès remarquable. Mais l’Epervier est passé par là et a happé le natif du Nord-ouest en 2008, pour soupçons de détournement de deniers publics que la justice confirmera.

Alfred Forgwei Mbeng y était arrivé en mai 2014, en remplacement de Bernard Bayiha. Mais l’ingénieur de Génie civil n’avait pas toujours trouvé la solution pour le mur tombant du Chantier naval. Six ans après, l’homme a quitté le navire précipitamment, pour l’au-delà. Paul Biya a dû rabattre les cartes et fait confiance à un administrateur civil. Une recette qu’il essaie un peu partout.

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