Lutte contre le Covid-19 : un syndicat de maires crache sur le « don » de Paul Biya

Des maires du Noun dénonce la qualité du paquet ainsi que l’itinéraire suivi.

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Si le Syndicat des communes du Noun salue le « don spécial » du chef de l’Etat aux 360 arrondissements du Cameroun, il le trouve disproportionné par rapport aux besoins des communes. « si vous nous aviez consultés quant à l’utilisation judicieuse de ce don, nous aurions pu, à l’attention de votre Haute gouverne, indiquer notre option pour sa mise à disposition, ou affectation dans les différentes comptes bancaires ou consignations , afin que chaque commune, en fonction de son plan de riposte, engagé depuis le moins de mars présente ses besoins réels en ce moment qui, en tout cas, se trouvent au-delà du stade : savon, masques, seaux, gants, bidon lave-main, kits de tests de dépistage, appareils d’assistance respiratoires pour hôpitaux », peut-on lire dans une correspondance signée de Patricia Tomaino Ndam Njoya, pour le compte du Syndicat des communes du Noun.

Le Syndicat des communes du Noun fait cette sortie au moment où un débat agite la toile au sujet de la consistance des paquets que reçoivent les différentes communes. Aloys Parfait Mvoum, vice-président régional du Social democratic front (Sdf) pour le Centre, a esquissé un petit calcul pour aboutir à une enveloppe de 6 000 000F (en réalité, 5555555,55FCfa) auquel devrait avoir droit chacune des 360 arrondissements. Une somme qui aurait pu mieux servir la cause des populations, selon le syndicat des communes du Noun. Dans sa correspondance, le Syndicat écrit que « nous avons besoin de kits de dépistage, d’appareils respiratoires, mais aussi de de prise en charge socio-sanitaire, d’aménagement de sites pour approvisionnement, de mise en quarantaine, d’inhumation, de mobilisation…et de sensibilisation des populations… en ordre varié et spécifique ».

Le Minddevel ignoré, la préfectorale omniprésente

Ce n’est pas le seul point négatif relevé par le Syndicat dont la parole est portée par Tomaino Ndam Njoya. Il y a aussi l’itinéraire que prend la distribution du « don spécial » du chef de l’Etat aux 360 arrondissements. Un texte du ministre de l’Administration territoriale (Minat) ayant indiqué que les paquets partiront de l’Hôtel de ville de Yaoundé pour les sous-préfets, en passant par les gouverneurs et les préfets. En respect (peut-être) du destinataire qui est l’arrondissement. Sauf que le territoire de l’arrondissement étant administré par le maire, ces derniers sont au finish invités à recevoir les dons. Et pour le Syndicat des communes du Noun, pour un paquet destiné aux communes, le ministère de la décentralisation et du développement local (Minddevel) est exclu du circuit. « Aussi, vu le contexte de la décentralisation, les maires ne sauraient plus être les vice-présidents des commissions dirigées par des sous-préfets». Pour le syndicat des maires du Noun, « les textes sont clairs en matière de contrôle de la légalité des actes pris par les Ctd, il s’exerce à posteriori, avec en toile de fond le principe de la libre administration comme essence de la décentralisation».

Des paquets remis aux bénéficiaires à Minta

Invitant le Minddevel à « une bonne interprétation des textes ». Les maires du Noun ne comprennent pas « que le Minddevel, bien qu’ayant ses démembrements au niveau local, les saisisse toujours par le biais du préfet ». Pour le syndicat, il « se pose encore aujourd’hui la [question de] la place des sous-préfets dans la commune et les mairies ». De toutes les façons, « les maires ne sauraient plus par message-porté du sous-préfet, signé de son adjoint, être convoqués, à quelques minutes près de l’heure, à une réunion… »

En regrettant que Paul Biya soit resté sourd à leurs précédents courriers, le Syndicat par la voix de Tomaino Ndam Njoya, ne souhaite plus être le valet de la préfectorale. « Nous, maires du syndicat des communes du Noun, souhaitons, du moment où il est clairement question de décentraliser la Stratégie de riposte au Covid-19, qu’elle soit confiée aux maires sans qu’ils ne leur soit imposé la présidence du sous-préfet, et, à l’avenir, veiller à les consulter pour être en adéquation avec le développement des stratégies qu’ils ont déjà sur place », souhaite le syndicat.

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