LFPC-Fécafoot : la guerre de tranchée cède à l’affrontement ouvert

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La Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot) a boycotté ce 2 octobre la cérémonie d’installation du Groupe de travail créé par le ministre des Sports et de l’Education physique (Minsep) pour appliquer sans dégâts la sentence du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) du 14 septembre 2020 invalidant la suspension de la Ligue de Football Professionnel du Cameroun (Lfpc) par la Fécafoot. Le Groupe ayant pour mission d’examiner et d’harmoniser les propositions formulées par les deux parties lors des pourparlers du 17 septembre organisés par le ministre des Sports Narcisse Moelle Kombi . Dans une lettre adressée à la tutelle la veille, Séidou Mbombo Njoya le président de la Fécafoot, avait prévenu que « compte tenu des implications éventuelles de cette instance sur les rapports de la Fédération avec les instances faîtières qui sollicitent des précisions sur les contours de ce Groupe de travail, il ne nous sera pas possible de prendre part à ces travaux ». Expliquant que : «…l’Assemblée générale de la Fécafoot a pris acte de la sentence du TAS et a décidé de la mettre en œuvre suivant des modalités qui ont été définies avec le président de la LFPC ». Surtout que « le Groupe de travail [a été] mis en place sans concertation avec la Fécafoot ». La paix n’aura donc tenu que le temps de l’ouverture des pourparlers. Très vite, les parties ont relancé la guerre autour de l’interprétation de la décision du TAS. «Nous acceptons la sentence et nous avons rétabli la Ligue… Aujourd’hui, nous avons trouvé une solution de contournement pour éviter les blocages qui se présentaient à nous, au vu des dysfonctionnements et des manquements que nous avons constatés, notamment le problème de l’âge du président de la Ligue et la légitimité de certains membres», a indiqué Seidou Mbombo Njoya à l’issue de l’Assemblée générale de la Fécafoot du 25 septembre dernier. En indiquant à Pierre Semengue la forclusion de son mandat depuis le 25 juillet 2020, la Fécafoot lui rappelait son âge, 75 ans, qui l’écarte du poste, selon l’article 35 al 1.b des statuts de la LFPC (ceux révisés par la Fécafoot en juillet dernier). Avant d’accorder une pige exceptionnelle au président actuel de la Ligue jusqu’au 30 juin 2021. En rappelant également que l’autre décision du TAS donnant raison à New stars de Douala, et les résultats des championnats d’élite, impliquent une perte de qualité de certains membres du Conseil d’administration de l’instance.

Abdouraman Hamadou en renfort

Entre temps, un nouveau secrétaire général a été nommé à la LFPC, Paul Mebizo’o, par la Fécafoot, en application de ses propres statuts. Une « ingérence » que le général de Corps d’armées n’a pas tolérée. Alors que la Fécafoot s’apprête à faire remplacer les membres du Conseil d’administration en indélicatesse avec la légalité dans les prochaines semaines, Pierre Semengue a mis en place une commission ad hoc en vue de « l’organisation et du suivi des championnats Ligue 1 et Ligue 2 pour la saison 2020-2021». Avec comme président Abdouraman Hamadou qui donne des insomnies à la Fécafoot depuis 2013, secondé par Emmanuel Ambane. Et comme rapporteurs Benjamin Beyeck l’actuel secrétaire général, et Henri Bertrand Mballa Owona ; et parmi les cinq membres Dr Manga Zambo Eleuthère, chef du département juridique du Minsep. Une implication certaine du ministère dont le patron Narcisse Mouelle Kombi vient de mettre à la disposition de la LFPC 22 stades de la République pour le compte des championnats professionnels. Lui qui a donné 15 jours au Groupe de travail que préside Joseph Yérima le secrétaire général du Minsep, pour rendre sa copie. L’arbitre sera-t-il entendu au milieu des tirs des belligérants ? Rien ne garantit l’optimisme lorsque les acteurs ne se contentent plus de la guerre de tranchée. Alors que toutes les parties s’accordent à vouloir relancer les championnats professionnels le plus tôt possible. Le gouvernement luttant pour « sauver le CHAN » qui sera organisé à domicile en janvier-février 2021. La Fécafoot qui en était l’organisatrice la saison dernière, avait programmé le démarrage pour le 25 septembre, avant de reporter en octobre, en raison du maintien des mesures barrières prescrites par le gouvernement. La pratique des activités sportives vient d’être « libérée ». La balle est dans le camp des acteurs du football, plutôt engagés dans une guerre.

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