Les dessous des négociations entre le pouvoir et les séparatistes

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Ayuk Tabe le leader séparatiste a annoncé l’ouverture des discussions avec les autorités de Yaoundé en vue d’un cessez-le-feu dans les régions anglophones.

C’est une nouvelle page qui vient de s’ouvrir dans le processus de résolution de la crise anglophone. Depuis jeudi dernier, les autorités camerounaises sont entrées en contact avec certains leaders de la contestation anglophone, question de mettre fin aux combats qui secouent les régions du Nord-Ouest du et Sud-Ouest « Neuf d’entre nous ont rencontré une équipe de la République du Cameroun, pour initier un cessez-le-feu suite à l’appel de l’ONU », a déclaré vendredi le principal leader séparatiste anglophone, Julius Ayuk Tabe, dans un message transmis à l’AFP par son avocat. « Les détails de ce cessez-le-feu sont toujours en cours de discussion et nous vous tiendrons informés lorsque des avancées significatives auront été faites», a-t-il précisé tout en réaffirmant son attachement à « l’indépendance » des deux régions anglophones. Les neuf leaders anglophones qui prennent part à ces assises, sont membres du « gouvernement intérimaire de l’Ambazonie », Etat utopique que veulent créer les séparatistes. Tous ont été arrêtés au Nigeria en 2018 et purgent une peine d’emprisonnement à vie depuis août 2019. Les Nations Unies ont appelé au cessez-le-feu depuis mars dernier pour mieux combattre l‘épidémie du nouveau coronavirus. Mais cet appel était resté lettre morte. Sur le terrain, les violences entre les forces de défense et les séparatistes se sont poursuivies, laissant sur le carreau plusieurs dizaines de morts. La suite des discussions en cours entre les leaders séparatistes et les autorités camerounaises pourra donc marquer une nouvelle étape dans ce conflit qui dure depuis 2016 et qui a déjà fait des milliers de morts.

Clash entre sécessionnistes

Aussitôt les discussions annoncées, d’autres leaders anglophones se sont désolidarisés du groupe qui mène les pourparlers avec les autorités camerounaises. Chris Anu, porte-parole du gouvernement intérimaire de “l’Ambazonie” a affirmé que « seulement Samuel Sako, président du gouvernement intérimaire de la «République Fédérale de l’Ambazonie » et une équipe désignée peuvent parler au nom de l’Amabazonie. Les prisonniers ne négocient pas pour libérer les gens. Ainsi toute la gymnastique de Yaoundé est nulle », a-t-il martelé sur tweeter. Lucas Ayaba Cho, un des leaders séparatistes a quant à lui estimé que la négociation doit se faire à l’international et dans les conditions de confiance et de franchise. Pourtant, dans un communiqué transmis à l’AFP, Ayuk Tabe a dit avoir avisé les autres leaders séparatistes de la tenue des discussions avec les autorités camerounaises. Il y a martelé son attachement à « l’indépendance » de son territoire et a rassuré son soutien aux « héros », pour leur “abnégation” et leur « sacrifice » sur le terrain. Dans le même communiqué, il a affirmé confiant « qu’une guerre ne s’est jamais finie sur un champ de bataille », et « qu’une paix durable et réelle ainsi que l’indépendance ne pouvaient s’obtenir qu‘à la table des négociations ».

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