Législatives, municipales et régionales : Maurice Kamto accuse l’Etat de vouloir l’écarter des élections

Pour le président du MrC, son arrestation avec certains de ses partisans est une manœuvre des pouvoirs publics, qui vise à évincer son parti des prochains scrutins.

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Maurice Kamto en est convaincu. Selon le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), son arrestation avec certains de ses partisans au lendemain de la « Marche blanche » organisée dans certaines villes du pays le 26 janvier dernier est une manœuvre du gouvernement qui consiste à tenir son parti à l’écart des prochaines élections régionales, municipales et législatives. « Il s’agit d’un processus exclusif et lâche visant notamment à éliminer les concurrents politiques du Rdpc les plus sérieux parmi lesquels le MRC et ses alliés, dont les états-majors se trouvent détenus illégalement », écrit Maurice Kamto dans une déclaration qu’il signe avec ses principaux alliés Christian Penda Ekoka, Albert Dzongang et Paul Eric Kingue. Cette complainte du MRC intervient dans un contexte où, le gouvernement vient de déposer deux projets de lois au parlement : un projet modifiant et complétant certaines dispositions de la loi N°2012/001 du 19 avril 2012 portant Code Electoral, d’une part et un autre fixant le nombre, la proportion par catégorie et le régime des indemnités des conseillers régionaux, d’autre part. Le dépôt de ces projets de lois augure de l’organisation prochaine des élections régionales. Or, estime M. Kamto, « bien que monsieur Biya soit seul maître du calendrier électoral qu’il tient secret, contrairement aux bonnes pratiques dans les régimes démocratiques, il y a lieu de croire que ces élections seront organisées au cours de cette année et probablement avant les élections législatives et municipales prévues au plus tard en octobre ». Kamto et ses compagnons d’infortune s’insurgent contre cette « manoeuvre » qui, en principe, devrait permettre aux actuels conseillers municipaux d’élire les prochains conseillers régionaux. « En 2018, la raison principale invoquée pour la prorogation des mandats des députés et des conseillers municipaux de douze mois était le calendrier électoral surchargé qui avait fait donner la priorité à l’organisation du scrutin présidentiel du 07 octobre 2018. Par conséquent, on s’attendait logiquement à ce que l’année 2019 soit consacrée à l’organisation de ces deux élections avant toutes autres », disent-ils. Et d’ajouter : « il est donc inacceptable de faire élire les conseillers régionaux par un corps électoral sans aucune légitimité. C’est pourquoi nous dénonçons vivement une telle perspective ».

Craintes

Maurice Kamto et ses alliés insistent d’ailleurs sur la nécessité de tenir comme entre autres préalables, « un dialogue inclusif, sans condition, aux fins de l’apaisement du climat politique et social » dans les deux régions anglophones du pays (Nord-Ouest et Sud-Ouest), « plongées dans une grave crise politique, sécuritaire et humanitaire qui empêche la tenue de scrutins susceptibles de garantir l’élection de dirigeants légitimes ». Les quatre leaders politiques craignent que « toute élection forcée, sans ce préalable, ne soit perçue par les populations des deux régions précitées et les Camerounais en général comme une absence manifeste de volonté pour apporter une solution politique viable à la profonde crise que connait notre pays ». Or l’adoption des projets de lois précités qui entraînera à coup sûr des amendements du code électoral, indique Kamto et compagnie, un refus manifeste de la reforme consensuelle du système électoral que réclament a corps et a cri depuis plusieurs années déjà les acteurs politiques nationaux ainsi que la communauté internationale. « […] de concert avec la société civile camerounaise, les partis politiques et la communauté internationale, tranchent-ils, nous exhortons le pouvoir à sortir de son arrogance habituelle pour faire du dialogue inclusif, sans condition, et de la reforme consensuelle du système électoral les priorités du calendrier politique national ».

Jean Luc Fassi
Source : Défis actuels

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