Législatives Et municipales : Ces partis d’opposition qui menacent de boycotter les élections

Plusieurs formations politiques de l’opposition ont posé des préalables pour participer au double scrutin du 20 février prochain.

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Le vent du boycott souffle au sein de l’opposition camerounaise. Après le Mouvement Pour la Renaissance du Cameroun (MRC) qui a déjà confirmé qu’il n’ira pas aux élections, deux autres partis politiques de l’opposition viennent d’exprimer leurs intentions de boycott. Le 28 novembre dernier, le Social Democratic Front (SDF) et le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn) ont annoncé qu’ils pourraient eux aussi boycotter les élections si certaines conditions qu’ils ont posées ne sont pas réunies. Le Social Democratic Front (SDF) exige, comme condition de sa participation aux élections, le retour à la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « Ce que nous demandons au gouvernement et rappelons au peuple camerounais, c’est que la seule personne qui a la responsabilité d’arrêter la guerre dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, c’est le président Biya lui-même. Et ce que nous espérons du fond de notre cœur, c’est qu’il le fera avant ce 9 février. Et s’il ne le fait pas, nous serons dans l’impossibilité de participer à cette élection, parce que nous ne voulons pas que cet exercice se transforme dans un bain de sang », a avisé Joshua Osih, avant de plaider pour un report des élections. « Nous lui [Paul Biya, ndrl] conseillons sincèrement d’envisager un report de ces élections pour permettre de revenir dans le processus de paix qui a été suspendu par la convocation du corps électoral ; processus qui, je peux le dire, a commencé, et dont le premier pas a été le grand dialogue national ». Au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée le 28 novembre dernier à Yaoundé, Cabral Libii du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn) a aussi envisagé un possible boycott des élections. « Si le Conseil électoral ne donne pas 15 jours de plus pour le dépôt des dossiers, le Pcrn pourrait ne plus participer aux prochaines élections municipales et législatives », a averti Cabral Libii au cours de son adresse. Selon lui, cette rallonge permettra aux partis de l’opposition d’acheminer auprès du Conseil électoral, les dossiers de candidature ayant rencontrés des difficultés lors de leur constitution. Sur le plan du droit, Cabral Libii soutient sa demande par le fait qu’« aucune disposition n’interdit la prorogation des délais par le Conseil électoral, car en droit ce qui n’est pas interdit ne peut être empêché » . Avant le SDF et le Pcrn, c’est le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun qui a annoncé qu’il ne participera pas aux élections. La formation politique de Maurice Kamto pointe du doigt « un mauvais code électoral » et la crise anglophone qui secoue le pays depuis 2016.

Craintes et espoirs

Plusieurs acteurs de la société civile craignent que ce vent de boycott se propage auprès de toute la classe politique de l’opposition. « Ce qui va décrédibiliser les élections et renforcer les critiques de la communauté internationale sur le régime de Yaoundé », analyse un politologue. Mais à l’étude des enjeux, il est presqu’impossible que tous les partis de l’opposition se joigne à ce front de boycott. La société civile espère néanmoins que le pouvoir va faire preuve de concession en acceptant tout au moins de « reporter les élections pour réviser le Code électoral ». Un espoir difficile, mais pas impossible.

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