Législatives et municipales 2020 : 6 millions 853 mille électeurs aux urnes

L’élection se tient ce jour sur l’ensemble du territoire national.

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Paul Biya votant

Les électeurs camerounais de l’intérieur du pays se relaient aux urnes depuis ce matin pour renouveler le mandat des 180 députés de l’Assemblée nationale et les exécutifs des 360 communes du territoire national. Une élection dont l’enjeu n’est pas à proprement parler le vainqueur de ce double scrutin, le 3ème du genre depuis le retour du multipartisme, mais davantage le taux de participation. Le parti devenu le leader de l’opposition au sortir de l’élection présidentielle de 2018, à savoir le Mouvement pour la renaissance du Cameroun de Maurice Kamto, ayant décidé de ne pas prendre part au vote, et appelant au boycott. Une position déjà adoptée depuis 2018 par le Cameroon people’s party (Cpp) de Kah Walla, posant des conditions préalables telles que la résolution du conflit dans les régions du Nord-ouest et du sud-ouest, la révision du code électoral, le départ du président. Un an après, le Mouvement pour la réconciliation nationale (Mrc) s’est approprié le combat, pendant que le Cpp et la plateforme Stand up for Cameroon va plus loin en exigeant le départ du président Biya du pouvoir. Cela dans le cadre d’une transition politique que cette plateforme appelle de tous ses vœux. Mais c’est le Mrc qui a focalisé l’attention depuis la veille du dépôt des listes électorales, lorsque Maurice Kamto a décidé de ne plus investir ses candidats. Depuis lors, le parti continue de s’imposer dans les débats politiques, même pendant la campagne électorale. Le parti dominant l’espace public par une communication agressive et une surexposition médiatique qui ont fini par l’opposer parfois aux autres partis politiques dits de l’opposition.

Quoi qu’il en soit, le chien aboie, la caravane passe. Yaoundé a maintenu les élections à la date choisie par le président de la République : le 9 février. Et ce sont exactement 6 853 498 électeurs qui sont attendus aux urnes réparties dans 22 000 bureaux de vote disséminés sur le territoire national. Pour désigner les 180 prochains députés de la Chambre basse du Parlement camerounais et les 360 maires. En course, 236 listes de députés issues de 35 partis politiques. En ce qui concerne les municipales, sur les 592 listes déposées, 549 ont été déclarées éligibles. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) part largement favori. Le parti au pouvoir concourt seul dans 134 circonscriptions aux législatives. Du coup, l’enjeu pour beaucoup de partis est la participation, tant dans les 46 autres circonscriptions, le parti au pouvoir dispose encore de moyens conséquents pour pouvoir au moins partager les sièges, s’il ne les remporte pas tous. Le défi que pourraient relever le Social democratic front (Sdf) et le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), seuls partis qui disposent de moyens tant financiers qu’humains est de pouvoir obtenir un groupe parlementaire. Ces deux partis qui sont en course dans des circonscriptions importantes comme le Wouri, le Nyong et Kelle, les Bamboutos, le Moungo, les régions du nord-ouest et du Sud-ouest.

Les urnes livrent les résultats dès 18h, heure de fermeture des bureaux de vote. En l’absence du Mrc, le Pcrn de Cabral Libii semble présenter la principale alternative aux yeux des observateurs. Les tribulations du Sdf dont la participation a fait l’objet d’une danse Bafia (succession d’avancées et de reculades), ont enfoncé davantage ce parti dont le fief est presque coupé de la vie de la nation, du fait de la guerre séparatiste que mènent des mouvements armés dans les régions du Nord-ouest et du sud-ouest. Et justement, la participation qui était d’environ 5% à la présidentielle dans ces deux régions, pourrait davantage baisser cette fois-ci. La guerre s’étant intensifiée et des positions encore radicalisées. La politique du bâton et de la carotte du gouvernement ne ramenant pas encore la paix définitive. Même si le ministre de l’administration territoriale (Minat) Paul Atanga Nji a rassuré l’opinion que des mesures sécuritaires spéciales ont été prises pour que les populations brisent les cordons de la peur pour aller voter. Mais dès la nuit, les séparatistes ont engagé des actions de saccage d’édifices publics et ciblant les sites devant abriter le scrutin.

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