Le NEC désarmé dans le duel nintcheu-osih

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Le secrétaire général du parti de ni John Fru ndi a signé un communiqué le 25 mars dernier afin de rappeler les militants, les élus et les cadres du mouvement à plus de retenu sous peine de sanctions. Loin de calmer les esprits, la sortie de Jean tsomelou a de nouveau jeté de l’huile sur le feu en coulisses.


Le communiqué de mise en garde Jean Tsomelou aurait pu être lu comme un soutien ouvert à Joshua Osih et une ultime mise en garde contre les récentes saillies de Jean Michel Michel Nintcheu. Mais c’est exactement l’effet inverse que le document semble avoir eu sur les protagonistes.

Joshua Osih, premier vice-président du parti a pris la mouche à la lecture du document signé de la main de son secrétaire général. « Je n’ai pas à commenter ce document, s’emporte-t-il au téléphone quand le reporter l’interpelle sur la signification de cette mise en garde pour la sérénité au sein du SDF. Le secrétaire général n’a fait que son travail… Même si c’est un peu tard ». « Même si c’est un peu tard » ! Une petite phrase lâchée à l’endroit de M. Tsomelou qui en dit long non seulement sur l’état d’esprit de Osih mais aussi globalement sur l’ambiance dans le Comité exécutif du Front ces derniers jours.

Le communiqué de jeudi et la petite phrase de Joshua Osih ont révélé les sourds ressentiments que nourrit l’ancien candidat à la présidentielle envers certains hiérarques de son parti. Il a bien perçu que les menaces de sanction d’un secrétaire général ne peuvent rien faire pour freiner les ardeurs de ses ennemis au sein du SDF décidés à le discréditer. Bien au contraire !

EXPLICATIONS

Jean Tsomolou a pris une semaine à rédiger sa mise en garde et a oublié en passant de désavouer publiquement l’irrévérencieux Nintcheu. Joshua Osih s’attendait sans doute à une levée de bouclier immédiate de la part de ses camarades du bureau national pour le protéger après que son adversaire a utilisé sa position au sein du Comité régional du SDF à Douala pour annoncer publiquement et unilatéralement son exclusion du parti, à la base.

LES RADICAUX PERSISTENT ET SIGNENT

Non seulement il a attendu une semaine pour voir arriver la cavalerie, mais le chevalier Tsomelou ne fait mention nulle part d’un soutien même tacite à Osih par rapport à cette affaire. Un silence lourd de sens politiques alors que l’ancien candidat à la présidentielle est ouvertement accusé d’accointances coupables avec le Rdpc au pouvoir. Accusations qu’il réfute. Alors qu’Osih semble dos au mur et sans soutien, Jean Michel Nintcheu n’entend pas battre en retraite. Le député du Wouri-Est dispose d’une armée de militants à la base globalement opposés aux manières du camarade Joshua Osih.

En rejoignant les députés Rdpc pour signer une lettre en faveur du rapatriement des Camerounais réfugiés aux États-Unis au nom de la résolution de la crise anglophone, le premier vice-président s’est rappelé au bon souvenir de ses contempteurs.

PUIS VINT UN TROISIÈME LARRON

Et son attitude présumée au sortir des réunions de réconciliation du NEC ne semble pas avoir améliorée son image auprès de ce public hostile. Il l’accuse de manipulation présumée des résolutions du NEC dans les médias et de condescendance.

Armé de ce constat, le rappel à l’ordre du secrétaire général glisse sur Jean Michel Nintcheu. Le député frondeur se refuse à envisager de remettre en question le constat d’auto-exclusion contre Osih surtout que même la hiérarchie du SDF tarde à se prononcer. Dans tous les cas, ce n’est pas à lui qu’il faudrait poser la question : « Nintcheu ne peut pas représenter les 76 membres du Comité exécutif régional. Je n’ai pas ce pouvoir ! Sur les 60 membres présents dans la salle ce jour-là, tous ont demandé le constat d’auto-exclusion contre ce militant. Il n’y a pas un seul qui a proposé une option différente. Nous avons même trop attendu » insiste-t-il.

De là à dire que le texte de jeudi est inutile, il n’y a qu’un pas. Surtout que le patron de la machine administrative du parti évoque lui-même le risque désormais réel de « destruction du parti et de démobilisation de ses militants ».

Mais il ne faudrait peut-être pas s’en tenir à une lecture formelle stricto sensus. Le secrétaire général Tsomelou, ancien prétendant à l’investiture pour la présidentielle, pourrait bien profiter du crêpage de chignon entre Jean Michel Nintcheu et Joshua Osih pour se poser en rassembleur à michemin entre l’aile dure et les progressistes ouverts aux discussions avec le régime.

Par William Bayiha

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