Le MRC menace de boycotter les élections législatives, municipales et régionales

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun pose comme conditions, pour participer à ces échéancés électorales : la résolution de la crise anglophone, l’organisation d’un dialogue inclusif, la libération des prisonniers aussi bien de la crise anglophone, que ceux des marches pacifiques et la révision du code électoral.

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Plus besoin de spéculer dessus, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) vient de clore le débat. Si la situation actuelle perdure jusqu’en février prochain, date prévue pour le double scrutin municipal et législatif, le parti de Maurice Kamto ne prendra pas part aux élections. Pour être en lice dans le cadre des prochaines consultations électorales, le parti exige que : la crise anglophone soit résolue, que le gouvernement mette sur pied un dialogue inclusif, qu’il libère tous les prisonniers arrêtés dans le cadre de la crise anglophone et des manifestations pacifiques organisées par le MRC, qu’un nouveau code électoral consensuel soit mis sur pied. En plus de ces conditions, le MRC requiert que « Elecam et le Conseil Constitionnel soient totalement indépendants ». « Comment voulez-vous que le MRC participe aux élections, alors qu’Elecam et le Conseil Constitutionnel sont à la solde du régime », se demande Tiriane Noah, présidente par intérim de cette formation politique. La remplaçante de Maurice Kamto confie que « l’élection présidentielle ne s’est pas tenue dans les zones anglophones à cause de l’insécurité qui s’y vit et les élections à venir risquent de connaitre le même sort. » Elle est donc ferme ! « Le MRC n’ira pas aux élections pour se retrouver une fois de plus dans de nouvelles revendications », a-t-elle déclaré, au cours de la conférence de presse qu’elle a organisée, lundi dernier au siège de son parti à Yaoundé. L’actuelle responsable du parti de Maurice Kamto, indique que son parti ne peut pas aller au scrutin, alors que tous ses leaders, qui doivent le représenter aux élections sont derrière les barreaux. Elle précise néanmoins que malgré « l’acharnement qui est systématiquement mené contre le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun », ce parti travaille sur le terrain et continue de former les Camerounais, et de les inscrire sur les listes électorales et sur les listes de son parti.
Enlèvement de 24militants
Au cours de cette conférence dont l’objet portait sur « la situation désespérée du premier vice-président Mamadou Yaoukouba Mota, déporté au SED et la disparition de 23 militants du MRC à la suite des mutineries des prisons de Kondengui et de Buea », le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun s’est dit inquiet des nouvelles qui lui parviennent du Secrétariat d’Etat à la Défense, relativeS à l’état de santé de son premier vice-président. Sans langue de bois, le MRC accuse le président de la République, Paul Biya et son régime d’être responsables de la situation que vit ses militants. « Nous prenons à témoin l’opinion nationale et internationale que nous tiendrons M Biya Paul et son régime pour entièrement responsable de ce qui arrive à notre premier vice-président, ainsi qu’à 23 autres militants du MRC qui ont été violement enlevés de la prison centrale de Kondengui, puis maltraités à la suite des évènements de la nuit du 22 au 23 juillet 2019 », lit-on dans le communiqué publié à cet effet. Le parti de Maurice Kamto, affirme que malgré les communiqués « presque rassurants du gouvernement sur les évènements de Kondengui et de la prison de Buea », il est sans nouvelle de 24 de ses militants, dont certains seraient morts, selon « les rumeurs persistantes qui circulent ». Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) « demande l’ouverture d’une enquête internationale sous l’égide de l’ONU, sur les conditions, et le bilan humain de l’intervention des forces de sécurité lors des mutineries des prisons de Kondengui et de Buea ». Au sujet de la responsabilité supposée de son vice-président Mamadou Mota, dans les émeutes de Kondengui, l’avocat du MRC, maitre Serge Emmanuel Chendjou a noté que « contrairement au titre d’harangueur de foule, qu’on veut lui attribuer lors de ces émeutes, Mamadou Mota a joué le rôle de traducteur et de médiateur entre les prisonniers contestataires, qui sont pour la plupart anglophones et le régisseur de prison. » Il donne pour preuve, la vidéo qui circule dans les réseaux sociaux et dans laquelle ont peut voir Mamadou Mota, traduire les revendications des prisonniers arrêtés dans le cadre de la crise anglophone.
Joseph Essama

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