« La Centrale des risques est une initiative salutaire »

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Le promoteur d’établissement de microfinance salue la mise en place de ce nouvel outil par le gouvernement.

Quelle appréciation faites-vous à la suite du lancement de la Centrale des risques des établissements de microfinance ?

Ce système portant sur la Centrale des risques des établissements de microfinance est une contribution non négligeable dans le secteur. Cette plate forme donne des possibilités d’avoir des informations sur les clients ou encore sur les membres d’une microfinance. Mais cela ne veut pas dire qu’elle est en elle-même toute la solution. Notamment en ce qui concerne les créances en souffrance. Ceci ne voudrait pas aussi dire que ça va résoudre le problème portant sur la lourdeur de la machine judiciaire en ce qui concerne le recouvrement des créances inhérentes au secteur de la microfinance. De plus, ça ne vient pas résoudre le problème de la localisation de certains établissements de micro finance dans les zones rurales. En clair, la mise sur pied de la Centrale des risques est une grande contribution, mais elle n’est pas la solution aux maux qui minent l’activité.

Qu’est-ce que cette centrale apporte concrètement ?

Elle va permettre d’avoir de l’information supplémentaire. De manière précisé, désormais, avant de prendre la décision d’octroyer ou non du crédit à un client, vous pouvez savoir si le client qui est en face de vous à un crédit impayé dans une autre structure similaire. En d’autres termes, avec la Centrale des risques, les microfinances ont plus que par le passé, un meilleur outil qui aide à la prise de décision au moment d’accorder du crédit à un client.

Cette plate forme va-t-elle résoudre le problème des fermetures en série des établissements de microfinance ?

La fermeture des microfinances est liée à d’autres facteurs. On ne peut donc pas dire qu’avec la mise en place de la Centrale des risques, ce problème sera résolu ou que ce phénomène sera réduit. Je voudrais par exemple précisé qu’il y a des microfinances qui ferment parce qu’elles manquent de capital, mais aussi à cause de l’insécurité. N’oublions d’ailleurs pas que la plupart des microfinances sont basées dans les zones rurales. On ne peut donc pas utiliser ce nouvel outil pour résoudre des problèmes autres que celui qui est lié à l’octroi des crédits.

En plus de cette Centrale des risques, quelles sont les autres dispositions qui peuvent être prises pour limiter les risques de non payement des crédits ?

Nous souhaitons par exemple que la procédure judiciaire pouvant faciliter le recouvrement des crédits non remboursés moins lourde. Ce serait une très bonne initiative. Il y a également le projet de loi que le ministre des Finances est en train d’élaborer et qui vise à sanctionner ces débiteurs indélicats qui ne veulent pas rembourser les crédits à eux accordés.

Quels sont les autres difficultés auxquelles vous faites face et qui ne sont pas prises en compte par la Centrale des risques ?

S’il faut parler d’autres problèmes des microfinances, on peut noter que la plupart des établissements de microfinances traitent avec le monde rural. Et dans le monde rural, le type de garantie que ces structures prennent n’est pas une garantie classique. Ce qui fait qu’au moment du recouvrement, cela pose un problème en termes de considération judiciaire. En outre, la microfinance n’a pas vocation à faire des bénéfices, mais à travailler avec le monde rural notamment en ce qui concerne la promotion de l’agriculture. Seulement, le risque dans ce secteur est très élevé, ce qui fait que quand il y a des problèmes liés à l’insécurité par exemple, les microfinances basées dans les zones rurales sont les plus affectées. Contrairement au fait qu’on retrouve l’essentiel des banques dans les grandes villes. En plus, quand le pays fait face à des difficultés économiques, ceux qui sont les plus frappés sont les personnes exerçant dans le monde rural, lesquelles constituent la clientèle de base des établissements de microfinance. Enfin, il est aussi important de relever que l’attitude peu professionnelle de certains promoteurs. En termes de chiffres on peut par exemple noter qu’au 31 décembre 2017, le taux de délinquance est estimé à 22 % de créances en souffrance. On a aussi montré qu’il y a plus de trois millions de comptes ouverts dans le secteur de la microfinance contre deux seulement pour les banques. Ceci veut dire qu’en matière de finance inclusive, on ne peut pas ne pas faire sans les établissements de microfinance.

Propos recueillis par Junior Matock  

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