La CEA projette une baisse de la croissance de 4,7 points dans la Ceeac

C’est que révèle la commission économique des nations unies pour l’Afrique. La commission annonce par la même occasion que le continent va devoir débourser des milliards de francs CFA pour combattre cette pandémie.

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La CEA projette une baisse de la croissance de 4,7 points

On ne pouvait pas s’attendre à bien plus triste nouvelle. La pandémie de coronavirus n’épargnera pas la croissance de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (Ceeac). C’est du moins ce que soutient la Commision Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). D’après les prévisions récemment faites par cette organisation des Nations Unies, les pays de la Ceeac vont connaître « une baisse collective de 4,7 points de pourcentage de leur croissance du Produit Intérieur Brut (PIB), en raison de l’impact grave de la pandémie du coronavirus (Covid-19) ». Bien plus projette la CEA, cette situation va coûter à l’ensemble de l’Afrique « des milliards de dollars pour le combattre et la moitié de son potentiel de croissance ». Dans le détail, alors que la CEA projetait un taux de croissance de 3,2 % en début d’année 2020, elle soutient désormais que du fait de l’impact du covid-19, ce taux de croissance va connaître une décote pour se situer à seulement 1,8 %, et ce parce que, argue la CEA, « l’Afrique Centrale est l’une des zones les plus exposées à la récession économique ». En effet, au cours d’un échange avec la presse, le directeur du Bureau de la CEA pour la sous-région a expliqué la raison pour laquelle la sous-région est exposée à un double péril : « avec le coronavirus, les pays de l’Afrique Centrale sont confrontés à un double péril, sous-entendu par leur dépendance excessive à l’égard de l’exportation de produits de base ». Et d’ajouter : « Ce double péril signifie qu’en plus de lutter contre cette pandémie avec des ressources financières très limitées et des systèmes de santé fragiles, nous devons également faire face à ses graves effets économiques, qui se multiplient en raison de la constitution de nos économies conduisant à une exposition disproportionnée aux effets de contagion des chocs extérieurs », a-t-il renchérit.

 Les pays qui seront plus touchés

 Le patron de la CEA pour l’Afrique centrale n’est pas allé par quatre chemins pour citer les pays qui pourraient être les plus touchés sur le plan économique par cette pandémie de coronavirus en Afrique Centrale. Dans cette liste notamment le Gabon, le Congo, le Tchad et la Guinée Equatoriale. Et ce du fait « du poids des exportations de pétrole dans les exportations totales de ces pays ». De manière détaillée, le directeur de la CEA pour l’Afrique Centrale soutient que « dans un scénario de 30 dollars US par baril, cela représenterait une réduction de 50 % des revenus d’exportation de pétrole causée par une contraction de la demande des prix ». Cette situation ne se produira pas ex nihilo, mais découle tout simplement « des projections à la baisse du taux de croissance des économies chinoise et occidentale et d’un différend non résolu entre la Russie et l’Arabie Saoudite sur les plafonds de production de pétrole ».

 Les secteurs plus affectés

D’après les analyses faites par la CEA, plusieurs secteurs vont subir les affres du coronavirus. Il s’agit des domaines tels que la chaîne d’approvisionnement, le tourisme, les envois de fonds de la diaspora et les produits de base tels que le café, le cacao, le caoutchouc et le bois. Pour être plus concret, les pays comme Sao Tomé-et-Principe va perdre 3,2 % de son PIB prévu pour 2020, la baisse la plus importante comparé au Gabon et la Guinée Equatoriale qui eux, perdraient respectivement 17,6 % et 18,5 % du fait de leur forte dépendance au pétrole.

Par Junior Matock ( Défis Actuels No 467)

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