Le conseil supérieur de la magistrature. Laurent Esso chuchote à l'oreille de Paul Biya

Pas de Conseil de discipline

Si la réunion du Conseil Supérieur de la Magistrature tenue mardi dernier au Palais de l’Unité a marqué les esprits, c’est surtout parce qu’aucun magistrat n’a été traduit devant le Conseil de discipline de l’instance supérieure de la magistrature. Mis sur pied pour statuer sur les manquements aux règles déontologiques, les violations graves et délibéré d’une règle de procédure dans une procédure devenue définitive, ou sur les violations du secret du délibéré et de l’obligation de réserve, le conseil de discipline du Conseil Supérieur de la Magistrature n’aura donc pas jouit de ses prérogatives au cours de la réunion qu’a présidé le chef de l’Etat le 10 août dernier. Laurent Esso, ministre de la Justice Garde des Sceaux, a confié nos confrères de Cameroon Tribune que cette situation s’explique par le fait qu’il « n’y a pas eu de dossiers disciplinaires instruits ». Avant de préciser que : « c’est quand le Conseil de discipline achève l’instruction que le président de la République décide de traduire un magistrat devant le Conseil Supérieur de la Magistrature en conseil de discipline ». Pourtant au sein de l’opinion plusieurs dossiers disciplinaires étaient annoncés contre les magistrats véreux. Mais ça n’a pas été le cas. Aucun justiciable, n’aurait donc saisi le conseil de discipline du Conseil Supérieur de la Magistrature au cours de ses trois dernières années ? Surprenant quand même, mais difficile de se prononcer quand on n’a pas eu accès aux dossiers traités par la commission. L’évidence est que, même les magistrats eux-mêmes et plusieurs personnalités proches des couloirs de la justice ont marqué leur surprise du fait de l’absence des magistrats traduits au conseil de discipline de Conseil Supérieur de la Magistrature. « Pas un seul dossier sur la table du Conseil Supérieur de la Magistrature, même pas celui du juge qui utilise sa décision comme arme de chantage ? », se demande Christophe Bobiokono, directeur de publication du journal Kalara.

Une femme aux commandes du TCS

L’une des plus grosses surprises de la dernière réunion du Conseil Supérieur de la Magistrature tenue le 10 août dernier au palais d’Etoudi, est la nomination d’une femme à la tête du Tribunal Criminel Spécial (TCS). Depuis cette date, Annie Noëlle Bahounoui Batende est devenue la première femme de l’histoire du Cameroun à prendre les commandes de cette juridiction spéciale, chargée de juger les citoyens soupçonnés de détournement de denier public. Connue pour sa rigueur, et son intégrité, la nouvelle chasseuse de l’épervier est surtout réputée d’avoir mis en 2014, sous mandat de dépôt à la prison centrale de Kondengui, Louis Bapes Bapes, l’ancien ministre des Enseignements secondaires. A la tête du Tribunal Criminel Spécial, l’ancienne juge d’instruction au sein de la même juridiction, aura pour principale mission de donner un nouveau souffle à cette juridiction spéciale en hibernation depuis 2019. Depuis l’arrestation en mars et avril 2019 du couple Mebe Ngo’o, aucune autre grosse pointure du régime n’est plus tombée dans les filets de l’opération épervier. La magistrate de 4e grade qui connait bien les rouages du Tribunal Criminel Spécial, pour y avoir travaillé pendant plusieurs années viendra selon certains analystes, boucler plusieurs dossiers en attente au TCS depuis des années. Elle devra en outre aider l’Etat à recouvrer les plus de 181 milliards de francs CFA de dommages, d’amendes et intérêts infligés aux justiciables reconnus coupables de malversation financière.

Paul Biya ressuscite Ange-Michel Angouing

Au garage depuis le dernier remaniement ministériel, Michel Ange Angouing, l’ancien ministre de la Fonction publique et de la Réforme Administrative (Minfopra) a été nommé conseiller technique auprès du ministre de la Justice. C’était l’une des surprises de la dernière réunion du Conseil Supérieur de la Magistrature présidée le 10 août dernier par le président de la République. Même si certains observateurs trouvent dérisoire cette nomination comparativement aux fonctions de ministre que le fils de la région de l’Est a occupé jusqu’au 04 janvier 2019. D’autres en revanche pense qu’il y a été nommé pour se frayer un nouveau chemin vers les hautes sphères du pouvoir. « D’ailleurs ce n’est pas n’importe qui est nommé conseiller du ministre de la Justice Laurent Esso », commentent-ils pour donner plus de valeur à la fonction qu’occupe désormais le magistrat hors hiérarchie premier groupe. Aux côtés de Laurent Esso, Michel Ange Angouing devra déployer sa longue expérience de magistrat et de ministre et surtout faire feu de tout bois pour prouver à celui que l’on nomme le « cœur du pays », qu’il a du talent et de la compétence. Il devra surtout être strict, rigoureux et méticuleux pour faire bon ménage avec Laurent Esso dont la rigueur dans le travail frise l’unanimité.

Par Joseph Essama

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